La convergence des offres fixes et mobiles semble une tendance lourde des prochaines années avec l’arrivée de la 4G qui devrait permettre des débits mobiles proches de ceux de l’adsl d’aujourd’hui.
Au-delà de cette vitesse d’accès, les technologies utilisées par la 4G, que ce soit le LTE ou le Wimax sont très facilement interfaçable pour ne pas dire directement alignées sur le standard internet IP.
Cela facilitera grandement les offres « quadruple play » car au-delà de la facturation unique qui n’est pas un élément suffisant pour amorcer un mouvement de fond du marché, il y aura une continuité de service d’un terminal à l’autre. Que l’on soit sur un Smartphone ou mini laptop ou même un PC de bureau on pourra accéder à internet en illimité mais également recevoir des appels téléphoniques sur une tablette tactile par exemple. Sans parler de vos données et préférences stockées dans le réseau, accessibles de manière transparente depuis tous vos terminaux.
C’est donc un enjeu fort, que d’être capable de proposer des offres quadruple play pour tous les opérateurs.
Si Vivendi et Orange ont chacun dans leurs activités une taille critique dans l’accès internet et le mobile, Bouygues Telecom et Free doivent impérativement compléter leur offre.
Le troisième opérateur mobile a déjà réagi en proposant la première offre quadruple play du marché, Ideo, qui semble bien accueilli par les clients mais qui dégrade la marge de l’opérateur mobile. C’est néanmoins la seule solution pour atteindre la taille critique dans l’accès internet puisque Bouygues à refuser de sortir son carnet de chèque pour participer à la consolidation du marché en rachetant Club Internet ou Alice qui sont tombé dans les escarcelles de Vivendi et de Free.
Reste Numéricâble et Virgin Mobile
Les deux entreprises ont fait une conférence presse commune pour annoncer un non-évènement, à savoir leur non candidature à la 4ème licence mobile.
Une information peut surprenante compte tenu de leurs situations respectives.
Numéricâble est affaiblie par une dette importante et la pression de ses actionnaires, fonds d’investissements, qui attendaient un ROI et qui continuent de financer l’expansion du seul câblo opérateur français encore en activité. Pour Numéricâble la convergence fixe mobile est un cauchemar car il n’a pas d’offre mobile crédible capable d’attirer ses propres clients vers le quadruple play et le risque de désabonnement est réel dans les deux ans s’il ne propose par d’offre attractive dans ce sens.
Une partie de sa stratégie sera de louer ses réseaux câblés dans des offres de gros mais cela ne couvrira pas les investissements consentis et surtout les FAI vont commencer à déployer de la fibre mutualisée diminuant la valeur ajoutée du câblo. Il lui est donc indispensable d’avoir une offre complète et les tentatives avec Bouygues Telecom ne sont pas concluantes car Bouygues ne souhaite pas favoriser un concurrent potentiel et lui fourni donc une offre MVNO à minima.
De son coté, Virgin Mobile a enfin atteint une taille critique avec le rachat de Télé 2 mais n’existe pas sur le marché de l’accès internet et ses abonnements mobiles sont plutôt orientée vers des offres à faibles valeurs ajoutées. Une offre commune avec Numéricâble tomberait à pic car ni l’un ni l’autre n’a les moyens de concourir à la 4ème licence mobile dont il n’est pas certain qu’elle soit attribuée d’ailleurs. Voir Nicolas Sarkozy indécis sur la 4ème licence mobile

Mais si celle-ci est attribuée au seul candidat déclaré, Free, les opérateurs incapables de proposer une offre quadruple play vont se retrouver d’ici 4 ans hors du marché. C’est d’ailleurs pour cela que les opérateurs mobiles actuels sont partis en guerre contre cette quatrième licence. Refuser à Free une licence mobile reviendrait à le marginaliser dans un futur proche ou a l’obliger à se rapprocher de Bouygues Telecom. C’est peut être la stratégie de L’Elysées d’ailleurs ?. Iliad poursuit néanmoins sa quête de la licence et a annoncé que son dossier de candidature était finalisé.
Du coté des opérateurs mobiles installés, les stratégies de blocage du processus d’attribution suivent des logiques différentes. Si pour Orange et Vivendi la stratégie vise à purement et simplement tenter de « tuer » le trublion de l’internet, pour Bouygues Telecom les arrières pensées sont plus profondes.
Malgré l’offre Ideo, le 3ème opérateur mobile est loin de la taille critique de 4 millions d’abonnés dans l’internet et un rapprochement avec Free serait bénéfique pour les deux entreprises. Seul problème, et de taille, la valorisation des activités respectives et les personnalités des deux dirigeants….
Des discutions entre les deux groupes ont déjà eu lieu mais n’ont pas abouties.
Free est coté en bourse, donc pas de problème, mais Bouygues Telecom ne l’est pas. Martin Bouygues qui avait étudié la vente de l’opérateur en 2007 en voulait 10,5 milliards d’euros, inimaginable aujourd’hui alors que le groupe Bouygues dans son ensemble ne vaut plus que 12 milliards dont déjà 1,8 milliards pour sa participation dans TF1.
Difficile de valoriser Bouygues Telecom à plus de 3 milliards.et donc par rapport à Free, valorisé actuellement 4,1 milliards, une perte de contrôle manifeste de Bouygues sur l’activité. Difficilement compatible avec la personnalité de Martin Bouygues.
Mais revenons à Numéricâble et Virgin Mobile.
Pour participer à la course au quadruple play les deux compères n’ont d’autre choix que de se rapprocher, tôt ou tard, car aucun autre candidat ne les veut comme compagnon. De plus les personnalités de Pierre Danon, PDG de Numéricâble et de Geoffroix Roux de Bézieux, celui de Virgin Mobile, sont compatibles.
Reste une inconnue de taille dans le futur. La compatibilité proposée par les opérateurs de réseaux à leurs MVNO. Car si le quadruple play pour les 2 prochaines années n’est qu’une consolidation de la facturation et ne soulève donc pas de problème pour un tandem Virgin-Numéricâble, l’étape suivante, détaillée précédemment, est l’intégration plus large des réseaux mobiles et fixes. Cela sous entend un niveau de compatibilité technique que les opérateurs ne fourniront peut être pas, par choix stratégique ou par contrainte technique, à leurs MVNO. Dans ce dernier cas une offre conjointe Virgin Numéricâble ne servirait à rien.
La partie est donc loin d’être gagnée pour les acteurs encore à la quête du quadruple play.
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