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Afrique : le numérique à l’appui de la bonne gouvernance

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jeudi 4 janvier 2007, par etienne :-)
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La bonne gouvernance est stimulée par la circulation d’informations vérifiées. Mais la production d’informations de qualité coûte cher. Le numérique ouvre de nouvelles possibilités.

S’appuyer sur ce qui existe déjà.

Les modèles occidentaux de réseaux d’information se révèlent complexes à transposer en Afrique. Coûteux et nécessitant un flux constant de financement, techniquement exigeants (électricité, maintenance, gardiennage...), exposés aux pressions politiques (fermeture administrative des émetteurs...), nécessitant un personnel qualifié difficile à trouver localement et à l’inverse vécus comme le "média de l’étranger" si l’on se passe de personnel local.

L’accès à une information vérifiée et non partisane est pourtant utile, plus encore qu’ailleurs, dans un continent caractérisé par des liens rompus : tensions ethniques, pays jeunes, sociétés en évolution rapide, situations humanitaires extrêmes, méconnaissance de la réalité occidentale (mythe de l’immigration en occident par exemple)...

L’Afrique appelle donc un nouveau modèle de réseau d’information. Mais il est sûrement possible de s’appuyer sur ce qui est déjà disponible localement : nombreuses radios communautaires, télévisions locales, presse écrite locale, réseaux de téléphonie mobile, internet et cyber-cafés... Ces moyens ont résisté à la sélection naturelle extrême imposée par le continent : ils sont naturellement adaptés aux problèmes de financement (low-cost), aux aléas techniques (technologie adaptée) et aux pressions politiques (rapport de force local). Mais ces moyens révèlent aussi de graves faiblesses : morcelés, ils ne répondent pas aux besoins de re-créations de liens inter-ethniques (radio Hutu contre radio Tutsi et non pas réseau des Grands Lacs par exemple). Concentrés sur une vision locale, ils ne parviennent pas à informer sur l’évolution de la société elle-même, du pays tout entier, encore moins du continent ou du monde. Lents à s’implanter, ils ne répondent pas aux nombreuses urgences humanitaires.

L’expansion rapide de la téléphonie que connaît l’Afrique depuis ces dernières années ainsi que la baisse du coût des réseaux informatiques permet aujourd’hui de réfléchir à la mise en réseau des moyens d’information déjà disponibles en Afrique, épars, imparfaits mais nombreux. Accompagnée d’un programme intégré de formation et d’une chaîne de contrôle de qualité, cette mise en réseau permettrait la production d’informations vérifiées selon les meilleurs standards internationaux, aisément accessible à la population grâce à un réseau redondant de diffusion.

Voici la description d’un exemple de forme que pourrait prendre un tel réseau.

Un réseau cellulaire d’information

1. La collecte de l’information Des formations initiales de correspondants locaux peuvent être proposées à des journalistes sélectionnés au sein d’un réseau de médias locaux. A l’issue de la formation, ils deviennent correspondants locaux du réseau et ont pour première mission de proposer des dépêches (texte) réalisées selon une procédure précise de production (forme et vérification de l’information) avec l’aide d’un journaliste senior du réseau, grâce au téléphone.

La production des dépêches est rémunérée ce qui renforce les motivations et irrigue d’un micro-flux de financement le réseau de médias partenaires au travers de ses meilleurs rédacteurs. Les moyens nécessaires à la mise en réseau sont peu onéreux : les dépêches peuvent être envoyées au centre de distribution par SMS ou Internet. La redondance du réseau, (plusieurs correspondants dans le même secteur) renforce sa capacité à vérifier l’information et à détecter les fausses informations. Un tel réseau de collecte, s’appuyant sur une procédure et des cellules (correspondants intégrés dans des médias partenaires), peut s’étendre, progressivement, à l’infini. Un tel réseau de correspondants locaux intégrés dans des radios partenaires serait peu coûteux et ainsi adapté aux variations des financements. Le réseau disposerait d’atouts pour résister aux pressions locales : il s’appuie sur des médias qui existent déjà, et qui sortiront renforcés par la mise en réseau.

2. La distribution des informations Les dépêches sont réceptionnées par un centre de distribution. La forme standardisée des dépêches facilite et accélère la procédure. Cette opération ne nécessite donc que très peu de personnel : essentiellement un journaliste senior qui encadre à distance la production des dépêches (mails, téléphone). La qualité des informations est assurée par la procédure de production. Elle comprend l’aide et l’encadrement par téléphones des correspondants locaux par le journaliste senior qui est également un formateur en continu. Elle s’appuie également sur la redondance du réseau de collecte. Enfin, les dépêches vérifiées pourraient être diffusées par mail à l’ensemble du réseau cellulaire d’information renforcé ainsi qu’à un réseau d’ONG implantées localement. Cela permettrait de créer un niveau supplémentaire de vérification de l’information, contributif (type Wikipédia). A ce stade est créée une agence de presse cellulaire, low-cost et extensible à l’infini. Le centre de distribution peut agréger de plus en plus de cellules de base de collecte d’information jusqu’à atteindre la taille critique qui nécessite sa partition en deux centres régionaux de distribution. Ce dispositif peut s’étendre au gré des financements. Ainsi, un financement ponctuel régional destiné à faire face à une crise locale permettrait la formation et la mise en réseau des correspondants locaux ainsi que la création d’un centre régional de distribution, connecté à un réseau plus vaste. La fin de la crise régionale entraîne la fin du financement ponctuel mais pas la fin des cellules de collecte d’information, formées et reliées en réseau.

3. Diffusion instantanée Les deux étapes précédentes permettent la production d’informations vérifiées sous forme de texte. C’est la forme la plus rapide et la plus économique à diffuser.

Internet : pour un coût faible, il est possible de les mettre en ligne sur internet. Les informations vérifiées seront ainsi accessibles aux médias locaux et irrigueront naturellement les journaux, les radios, les télévisions et les sites internet africains. L’avantage de l’internet est de permettre dans le même temps une diffusion vers l’international irriguant notamment la diaspora africaine et les média internationaux. Le réseau cellulaire africain devient réseau d’alerte pour les médias occidentaux.

SMS : les dépêches sont aisément transformables en alerte SMS permettant de toucher individuellement pour un coût très faible un nombre quasi illimité de consommateurs. A $0.03 le SMS, 1 million de Thaïlandais auraient pu recevoir un message les alertant de l’arrivée du tsunami pour $30 000...

Barre déroulante TV : les dépêches sont tout aussi aisément transformables en bandeau déroulant pour télévision (type CNN barre) ou sites internet. Le réseau peut donc passer des accords avec des chaînes locales de télévision. Jamais diffuser de l’information aux téléspectateurs n’aura été aussi bon marché.

Flash audio : les dépêches permettent la rédaction de flashs audio (type top horaire). Ces flashs peuvent être enregistrés au centre régional et transmis par internet pour diffusion à des radios partenaires (Podcasting). Ils peuvent aussi être accessible par téléphone portable via un numéro audiotel. ("Pour les infos en français tapez 1...").

Photos : en dotant les correspondants locaux d’appareil photos numériques, il devient possible d’enrichir l’information avec de l’image. L’image fixe est aujourd’hui transmissible via le réseau cellulaire. La qualité éditoriale des images serait assurée par l’application du même niveau d’exigence que pour les textes : formation initiale, supervision-formation continue, diffusion pour contrôle contributif à l’ensemble du réseau et du réseau d’ONG partenaires. Imaginons un instant l’impact d’un SMS accompagné d’une photo qui fait irruption sur le téléphone portable d’un simple citoyen africain ou d’un décideur international.

Traduction : l’ensemble de ces produits (Alerte SMS, textes sur internet, flash audio) sont aisément traductibles. L’information est ainsi disponible dans la langue que l’habitant maîtrise le mieux.

Abonnement thématisés : la procédure initiale de collecte des informations facilite la thématisation des infos. Il devient possible de s’abonner par mail, SMS, RSS, à un flux d’informations thématisées (Le Tchad, les réfugiés, l’économie africaine...).

Redondance : la redondance des moyens d’alerte les renforce les uns les autres. A quoi bon couper un émetteur FM si l’info est aussi disponible par téléphone portable.

4. Approfondir l’information L’information instantanée peut être complétée par des traitements approfondis de l’information collectée initialement. Les correspondants locaux peuvent faire plus que la simple alerte. Ils peuvent participer au traitement de l’info radio, télé, presse écrite... A partir des dépêches transmises par le centre de diffusion (Point 2) des centres de productions audio, vidéo, etc. peuvent passer des commandes de sujets approfondis aux correspondants locaux.

4.1 Radio : ad minima le correspondant local peut répondre à une interview par téléphone menée par un journaliste du réseau ou lui proposer un interlocuteur local pour une interview par téléphone. Avec un minimum de formation et d’encadrement à distance (mails, téléphone) il peut produire un papier, peut être même en plusieurs langues. Avec un minimum de matériel (enregistreur Mp3 et accès internet, voire téléphone mobile) il peut contribuer à la production d’un reportage radio complet, d’actualité ou de type magazine. La standardisation des produits audio simplifie la formation initiale. L’encadrement continu de la production permet une formation permanente et ainsi l’émergence d’un encadrement local puis de formateurs initiaux locaux (Capacity building).

Standardisation : la standardisation des produits audio facilite aussi leur traduction (diffusion multilingue) et la multi-diffusion. Il devient ainsi possible à partir d’un centre unique de production audio de confectionner des flux audio segmentés en différentes langues et à destination de différents publics (jeunes, femmes, décideurs...). Dans une conception "music and talk", cette segmentation est renforcée par la couleur de l’accompagnement musical (musique rétro, jeune...). Cette segmentation permet la production de flux attractifs pour les auditeurs et donc faciles à proposer à des radios partenaires (via satellite, streaming internet ou demain DRM). Les radios partenaires ont ainsi la possibilité de diffuser une partie de la journée un flux de musique et d’information d’excellente qualité adapté aux besoins de leur public, un flux qu’elles contribuent à produire. Les moyens des radios partenaires ainsi libérés peuvent être concentrés sur des productions locales moins nombreuses mais de meilleure qualité.

Redondance : la standardisation permet la diffusion "à la carte" par téléphone des produits audio (audiotel : "pour les infos en français tapez 1...") et par internet (podcasting et streaming des différents flux). La redondance peut aussi être renforcée par la diffusion en propre par le réseau de certains flux audio en onde courtes ou sur des émetteurs FM installés là ou c’est le plus rentable (grandes villes). Les pylônes de relais GSM sont des sites idéaux pour implanter des émetteurs FM. Ils sont idéalement situés (zones peuplées, hauteur des pylônes) alimentés en électricité, entretenus (maintenance) sécurisés (barbelés, gardiennage) et connectés. Un partenariat stratégique avec ces réseaux de plus en plus en demande de contenus à diffuser pourrait ouvrir ces sites et permettre de partager les coûts de maintenance. Un tel réseau de diffusion audio est difficile à interdire car redondant et étroitement imbriqué aux rapports de forces locaux.

4.2. Télévision
Chaîne de production vidéo : Les correspondants locaux formés et équipés de caméras peu coûteuses peuvent contribuer à la production de reportages de télévision à condition d’être intégrés dans une chaîne standardisée de production vidéo. Il s’agit d’accompagner le correspondant local dans le choix des prises de vues nécessaires à l’illustration d’un sujet TV comme sont discutés par téléphone ou par mail les angles des sujets radio. (ex : pour un sujet éducation, besoin de gros plans des enfants, de plans larges de la classe, d’une interview du prof au milieu de la classe...). Dans une telle chaîne de production vidéo, le rôle central se déplace du rédacteur vers le monteur. Un monteur ayant l’expérience de la prise de vue peut ainsi conseiller toute une série de correspondants locaux qui lui enverront des images brutes à monter et un commentaire préenregistré. Il est ainsi possible de confectionner un journal sans présentateur constitué de sujets enchaînés. Un tel dispositif est low cost et facile à traduire en plusieurs langues (ex : Euronews).

Diffusion cellulaire : Plutôt que de créer des réseaux de télévision télé il est maintenant possible, et plus économique de proposer à des chaînes existantes la diffusion de productions vidéo de qualité éditoriale irréprochable. Cette offre complète la "barre d’information déroulante" proposée aux télévisions comme fil d’information instantanée (point 3). En complément les produits vidéo peuvent être disponibles via internet (téléchargement ou streaming), via les réseaux avancés de téléphones portables, ou en diffusé en boucle sur un canal satellite.

Développer le réseau par essaimage Un tel réseau cellulaire de collecte et de diffusion d’information ne peut se développer que progressivement. De petites unités de bases reçoivent une formation initiale. Les unités de bases sont rapidement confrontées à la production aidées par un encadrement de bon niveau qui permet, au delà du contrôle de la qualité de la production, la formation continue de l’unité. Progressivement émerge un encadrement intermédiaire local qui transforme le travail de l’encadrant initial. Au lieu d’encadrer une unité de base il encadre des cadres intermédiaires qui eux même encadrent des unités de bases. Cela permet progressivement chez les cadres intermédiaires l’émergence de cadres locaux aptes à devenir des encadrants initiaux et permettant l’essaimage du modèle. Ainsi, plus le temps passe plus le réseau est compétent et moins il coûte cher. (Les locaux remplacent les expatriés). Un tel modèle peut s’étendre sans limite théorique. Idéalement certains des membres du réseau seraient formés à la médiation des conflits.

De nouvelles propositions aux bailleurs de fonds
Stabilité et bonne gouvernance : la collecte et la diffusion d’information de haute qualité éditoriale favorisent la stabilité et la bonne gouvernance. Stabilité par re-création des liens rompus entre les communautés, locales, nationales, trans-nationales et internationales. Bonne gouvernance par alerte sur les manquements des gouvernants de tous niveaux.

Interface avec la population : Mais un tel réseau cellulaire rend bien d’autres services. En proposant un accès direct à la population africaine, voire un accès segmenté (jeunes, femmes, décideurs...), il permet de relayer efficacement les campagnes de sensibilisations à coûts maîtrisés. Un bailleur souhaite travailler sur la thématique spécifique de la lutte contre le VIH/SIDA ? Le réseau peut lui proposer une approche globale : SMS d’information ciblés, renvoyant vers un audiotel gratuit d’information en plusieurs langues. Production audio ou audio de sensibilisation insérée dans les différents flux du réseau. Liens sur le site internet du réseau, ou dans les mails envoyés par le réseau, vers le website d’information du bailleur... Grâce à la segmentation il est possible de traiter différemment l’information destinée aux jeunes, aux femmes, aux seniors... Campagnes pour la scolarisation des filles, pour les vaccinations, l’hygiène, campagne ponctuelle de réponse à une menace particulière (grippe aviaire, ébola...), ou campagne d’instruction civique, le réseau propose aux bailleurs des réponses globales à coûts maîtrisés. Il est aujourd’hui tellement difficile de négocier avec un tissu épars de médias locaux aux pratiques tarifaires obscures... Le réseau tire ainsi profit de ce qu’il est une interface avec la population africaine.

Tournées de concerts thématiques : Un tel réseau de diffusion est par nature en relation étroite avec les musiciens locaux dont il diffuse les oeuvres et les actualités. Il se trouve ainsi dans une position idéale pour organiser et promouvoir des tournées de concerts sponsorisés. (Concerts contre le VIH/SIDA...). De tels événements sont bénéfiques pour le bailleur dont le message est valorisé, mais aussi pour le réseau et les artistes qui gagnent en visibilité.

Un réseau pérenne : A terme un tel réseau peut devenir pérenne car nombreuses de ses activités sont potentiellement génératrices de revenus : - Publicité radio, télé et internet. - Concession de vente de produits immatériels dérivés de la téléphonie mobile (sonneries, jeux vidéos...) - Accord de distribution de fichiers musicaux via le site internet du réseau ou la téléphonie mobile (l’Afrique produit de l’excellente musique mais aujourd’hui très mal distribuée) - Commercialisation des informations africaines, en particulier à destination de l’occident (abonnements aux informations du site, accès payant aux archives, accès payant à des dossiers thématiques...). - Centre de formation aux métiers de la communication. - Accord stratégique avec les opérateurs de téléphonie mobile pour la diffusion des informations. La téléphonie permet d’obtenir des contributions aux charges du réseau de l’opérateur de téléphonie mobile (avantage concurrentiel, génération de trafic et donc de revenus) voire du consommateur de l’information.

Bref, aussi modeste que soit les cellules du réseau au départ, elles portent déjà dans leur code génétique la promesse d’une autonomisation financière.

jeudi 4 janvier 2007, par etienne :-)
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Réactions
  • Afrique : le numérique à l’appui de la bonne gouvernance

    anonyme
    par Satyam - 5 janvier 2007 11-00

    J’ai trouvé cet article très intéressant. Je vais d’ailleurs blogger dessus sur lewebmulticulturel.fr.

    Mes principales remarques sont qu’ont peut faire encore plus simple, raccourcir les délais entre les maillons de votre réseau, réduire les intermédiaires, en mettant en place un aggrégateur en ligne d’information, hiérarchisée et critiquée par les internautes, qui suit un peu le modèle de digg.com et google news. On peut même penser à une place de marché de l’information sur le modèle de Getty Images pour les photos.

    Voir en ligne : Le web multiculturel

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    • Afrique : le numérique à l’appui de la bonne gouvernance

      anonyme
      par etienne :-) - 5 janvier 2007 15-16

      Bonjour, merci pour vos commentaires positifs ! (je suis l’auteur de l’article que vous avez bien voulu commenter)
      Je trouve très bonne votre idée de simplifier la diffusion des infos. Mais je crois qu’il ne faut pas négliger la phase de production.
      Produire des informations précises, vérifiées et adaptées au lectorat demande un minimum de savoir faire.
      En occident les internautes, blogueurs, et autres webard s’en passent le plus souvent. Mais en europe cela ne pose pas vraiment de problème. D’abord parce que nous sommes tous des consommateurs de longue date d’infos. Nous avons donc tous plus ou moins une idée de ce a quoi doit ressembler un article. Ensuite parce que les enjeux ne sont pas les même en Afrique et en occident. En France une information erronée ne déclenchera pas une guerre... Ca n’est pas le cas en afrique. (Croyez-moi, je parle d’expérience...)
      Ici, en Afrique, la plus extrême rigueur est de mise. Pour survivre un media indépendant doit être déontologiquement inattaquable. Il y a aussi ici le risque de mettre en danger les auteurs des informations.

      Les quelques règles à respecter pour produire de l’information de qualité ne sont ni compliquées, ni nombreuses. Par exemple une information doit être vérifiée auprès de deux sources différentes. Les opinions publiées doivent être sourcées.... Il y aussi des techniques pour rendre les info plus facile à lire. Placer en tête de l’article les infos les plus nouvelles. Rédiger des phrases courtes. Ne placer qu’une idée par phrase. etc. Ces règles sont d’autant plus importantes en Afrique que l’enjeu est ici de s’adresser à des populations qui n’ont pas eu le même accès à l’éducation que les européens. Très facilement un sujet peu être compris à l’inverse de ce qu’il voulait dire... D’autant que la langue maternelle est souvent la langue de la tribu, les langues nationales sont apprises comme des langues étrangères. L’emploi d’un vocabulaire trop soutenu rendra une info ambiguë. Il y a alors risque que l’information soit comprise à l’inverse de ce qu’elle voulait dire. Cela n’est pas acceptable quand des vies humaines sont en jeu (guerres, catastrophes humanitaires etc.)

      En résumé la question que je pose aux lecteurs de bonne volonté est : Comment donner accès simplement et à moindre coût aux règles de production d’information de qualité ?

      Cette interrogation n’est d’ailleurs pas limitée à l’Afrique. La plupart des blogueurs et autres webars produisent des infos peu fiables et difficiles à ingurgiter. Mais le temps limitera leur audience à quelques passionnés, tout comme la libéralisation de la bande fm avait dans un premier temps permis à chacun de se croire le concurrent de Radio France et d’Europe 1. Finalement il ne reste aujourd’hui que quelques "radio Campus" et des groupes comme NRJ qui ont su maîtriser les techniques de production. (Que l’on aime ou pas le produit final, il est adapté à l’objectif visé).

      Merci de toute réaction ou proposition qui me permettrait d’avancer sur cette question !

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