
Le métier d’agence de presse pourrait bien devoir évoluer avec la crise économique et surtout les mutations de la presse. Car les AP, Reuters ou AFP vivent des abonnements des médias qui utilisent les informations de presse comme matériels prépondérants de leurs news.
La première alerte est venue de nombreux journaux gratuits qui ont commencés à résilier leurs abonnements à certaines agences pour faire des économies dans leur budget. Il faut reconnaître que les tarifs des agences sont calculés en fonction du tirage du titre et qu’un gratuit tire moins de recette, à diffusion égale, qu’un titre payant.
La seconde alerte vient d’être donnée par Associated Press qui s’en prend aux « pirates » de ses contenus qui utilise AP comme source d’information sans reverser quoi que ce soit à l’agence.
Les premières cibles sont Google ou Yahoo qui indexent les contenus AP et accroissent leurs trafics. Il est intéressant de constater la similitude de l’attaque avec les reproches qu’avaient fait les journaux il y a quelques années aux même acteurs du web. Mais pour le VP d’AP qui est intervenu lundi dernier, les blogs sont également mis en accusation ainsi que des sociétés qui revendent des contenus ciblés.
L’agence américains souhaite donc mettre en place un système de licence pour ces sites qui reprennent ou utilisent les contenus AP comme vecteur d’audience.
Si l’intention est claire, la mise en place de la solution risque d’être un peu plus compliquée mais la survie des agences de presse se joue sur ce terrain sauf à devenir eux même médias de diffusion en concurrence avec leurs clients.
L’autre alternative à laquelle je crois c’est que ces agences « indépendantes » vont disparaître ou être intégrées à des grands groupe de médias, seuls capables d’amortir les coûts de sourcing de l’information en diffusion massivement multi supports.
L’intégration de d’agence de presse dans des grands groupes d’information fragiliserait encore plus les médias de plus petite taille. La concentration mondiale des groupes de presse est inéluctable et internet n’a fait qu’accélérer cette mutation industrielle.
Et l’exception française dans tout cela ?
Si notre agence France Presse ne trouve pas rapidement sa place dans le nouvel échiquier, le réveil risque d’être douloureux car la répartition de ses recettes entre les médias va évoluer et très probablement à la baisse alors que les coûts ne vont pas baisser. Il va falloir trouver des économies, une belle crise sociale en perspective…
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