
D’après le communiqué de presse envoyé par la chaîne, c’est Nonce Paolini, Président-directeur général du groupe TF1 qui a décidé d’appeler à ses côtés en tant que Directeur général du groupe TF1 Axel Duroux.
L’actuel PDG de RTL est sensé seconder Nonce Paolini « dans toutes ses missions et dans toutes ses responsabilités sociales, stratégiques et opérationnelles ».
Les raisons avancées pas TF1 sont la mutation du groupe qui s’accélère : acquisition de TMC et de NT1,développement des ses chaînes thématiques, déploiement du nouveau TF1.fr et de ses sites web, partenariats dans le cinéma et dans la distribution vidéo ou encore ouverture de jeux et paris en ligne en Europe sous la marque Eurosportbet.com.
C’est dans ce contexte que Nonce Paolini a estimé nécessaire de renforcer la direction générale du groupe TF1.
Axel Duroux a une excellente connaissance des médias et est auréolé de sa réussite à la tête du groupe RTL ainsi que de son passé à des fonctions de dirigeants chez Endemol ou Fun Radio. Il est clair que son expérience professionnelle parle pour lui et que TF1 a décroché une recrue de choix.
Mais cela ne doit pas cacher les enjeux considérables auxquels la direction du groupe doit faire face : la baisse des audiences de TF1 associée à la baisse des revenus publicitaires ainsi que l’amorce de la modification des usages dans la consommation des contenus audiovisuels.
Toute l’attention d’Axel Duroux devra porter sur la transformation d’un groupe centré sur la chaîne gratuite alors que la convergence des industries média, télécom, internet impose une structure multi supports puissante. Les rachats ou les prises de participations du groupe TF1 dans l’internet et la production ont amorcé cette mutation mais elle encore très largement insuffisante pour contrer les groupes multi supports de taille mondiale.

Le groupe TF1 paye son incapacité à avoir anticipé les évolutions et l’absence de stratégie face à la révolution des médias. C’est l’exemple parfait de la révolution que doivent faire les entreprises dans leur modèle de fonctionnement.
TF1 n’a pas démérité, ce n’est pas le résultat d’une erreur de stratégie ou de fautes de gestion. Le groupe a parfaitement été géré et est resté le meilleur dans sa catégorie. C’est simplement l’écosystème dans lequel il évolue qui se modifie. Aucun groupe de médias ne peut plus se contenter de gérer son périmètre. C’est ce que démontre la situation de TF1. Même le leader d’un segment doit adapter sa stratégie face à la convergence média télécom internet.
Je suis intervenu il y a quelques semaines devant les départements « assets management » de plusieurs organismes financiers sur cette convergence et ses impacts. La situation de TF1, comme celle d’autres groupes, a été abordé et j’ai détaillé les risques majeurs auxquels la chaîne devait faire face. L’absence de stratégie a été le plus marquant mais l’organisation opérationnelle du groupe est également un point sur lequel le nouveau DG devra se pencher. La rapidité des évolutions nécessite une modification dans les organisations et passer d’un modèle centralisé, organisé comme une machine de guerre publicitaire pour la chaîne de flux, à une organisation par projet qui saura faire émerger les talents dans le groupe.
C’est à ces seules conditions qu’Axel Duroux pourra relevé les défis qui s’offrent à lui et faire remonter le cours de bourse de TF1 pour lui donner une place de choix dans le territoire des nouveaux médias multi supports.
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