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Bolloré intéressé à devenir FAI ? Pour quoi faire ?

jeudi 21 septembre 2006, par Christian Jegourel
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La stratégie de Bolloré dans les médias reste, pour moi, un mystère. Je n’arrive pas à trouver de fil conducteur entre les investissements dans la SFP , le lancement d’un quotidien gratuit, une chaîne de TV direct 8, des prises de positions dans Havas et Aegis (par ailleurs concurrents), l’acquisition de licence Wimax et cette rumeurs de FAI, dans les Echos. Sans compter l’exploitation du cinéma Mac Mahon et 10 % de Gaumont.

Cela fait plusieurs mois que j’essaie de décrypter la stratégie de l’homme d’affaire breton dans les médias sans y parvenir. Comme il a fait preuve jusqu’ici de finesse et de réussite, il y a lieu de penser qu’il s’agit d’une stratégie construite mais s’appuie-t-elle sur des bons raisonnements ?

En ce qui concerne Havas et Aegis il semble y avoir un intérêt à regrouper ces forces et d’ailleurs le groupe breton est crédité d’une intention de monter encore dans le capital d’Aegis afin, enfin, d’avoir un siège au conseil d’administration. Il est probable qu’en fonction de la loi Britannique il doive lancer une OPA ce que Bolloré a toujours refusé, compte tenu du montant à débourser pour cette opération.

Pour le reste c’est plus floue. A quoi lui sert la SFP dans la stratégie d’un groupe multimédia et/ou de communication ?

Contrôler des outils de production ne veut pas dire disposer de contenus et l’avantage concurrentiel est quasi nul. Mystère…

Pour Direct 8 c’est plus déchiffrable, la chaîne profite de la baisse des coûts et la multiplication des canaux de distribution avec la TNT et surtout l’ADSL pour multi diffuser ses contenus. Il convient de souligner que la qualité de streaming Internet de cette chaîne est l’un des meilleurs que je connaisse. Ils ont également des accords pour la rediffusion d’émissions sur des sites thématiques comme Zdnet ce qui est une bonne approche.

Le lancement d’un quotidien gratuit m’a laissé perplexe car si économiquement le projet peut être viable, à vérifier par rapport au créneau déjà occupé, la synergie avec les autres unités du groupe n’est pas si importante que cela justifie cette création. La position de Bolloré est en effet très différentes de groupes déjà existants qui ont des acquis et peuvent être amener à mutualiser des activités. Bolloré part de zéro, c’est donc avec une stratégie innovante qu’il pourra développer son groupe dans la communication. C’est vrai que la rédaction de la chaîne est largement impliquée dans la réalisation du support papier mais les coûts de production d’un journal me semblent disproportionnés. Il eut été certainement plus judicieux de lancer des sites Internet thématiques et/ou communautaires, afin d’occuper un terrain laissant encore un large potentiel de croissance, que de proposer un journal papier.

Bollo ré dans le Wimax

La décision d’investir dans des licences Wimax accroit encore mon incertitude. Il pourrait s’agir d’un investissement opportuniste. Bolloré parie sur cette technologie et le besoin de constituer un large réseau national et vendra cette division avec une belle plus value au bon moment. Ou rachètera un autre acteur pour compléter son réseau et deviendra un opérateur national. Si le handover devient possible d’ici quelques années, ce sera tout bénéfice.

Mais je ne vois pas de relation évidente avec ses autres investissements.

Aurait-il a cédé aux sirènes qui pronostiquent le succès de groupes tout intégrés : contenus et contenants ?

Ce n’est pas un handicape d’être présent sur tous les fronts mais cela coute cher et c’est inutile car ce n’est pas la stratégie gagnante.

Bolloré dans le Wifi

Le groupe a pris 45%d’un opérateur Wifi, petite structure de 10 personnes qui fourni un accès wifi dans les résidences universitaires et le campus.

Bolloré FAI ou licence UMTS ?

Aujourd’hui, le quotidien les Echos révèle que Bolloré pourrait être intéressé par le rachat de Tiscali ou de Club Internet. Compte tenu de l’évolution du marché de la fourniture d’accès et des investissements nécessaires uniquement pour ce métier, je trouve l’information surprenante, et ce serait contre productif pour ce groupe.

Pour suivre l’inflation de la bande passante il lui faudrait se lancer dans le déploiement de fibres optiques ou louer des capacités à ses concurrents. Là encore il serait bien plus inspiré de se lancer dans des portails de contenus et services par abonnements ou inscriptions, comme ce que fait Murdoch avec MySpace.

C’est une illusion de penser que l’abonnement du FAI le met à l’abri de la concurrence des acteurs Internet. Aujourd’hui, la diffusion de programmes audiovisuels nécessitent un accord avec le FAI parce qu’il possède les clés de la set top box mais c’est une situation temporaire. D’ici quelques années les programmes audiovisuels seront fournis directement par des portails de contenus, ce que planifie d’ailleurs Bob Iger de Dysney ou les dirigeants de Fox Atomic (groupe Murdoch).

Le facteur clé dé de succès sera donc d’être capable d’avoir une synergie entre la diffusion (programmes de flux) et les services à la demande (programmes de stock) tout en captant les consommateurs à travers leurs habitudes de communication : des sites d’information/services et des sites communautaires participatifs.

C’est ce que beaucoup appelle le web 2.0 et qui n’est, en fait, que l’évolution naturelle d’un vecteur de communication interactif et permanent.

Quand à investir dans une licence UMTS à l’heure où les normes 3G et plus entre en compétition avec les industriels qui promeuvent le wimaw/wibro, cela frise la sortie de route.

Donc si vous avez des idées sur le groupe Bolloré, n’hésitez pas commenter ou à proposer un article sur Edgeminded.

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