
La plus grande menace, à moyen terme, pour Bouygues Telecom c’est l’arrivée d’un 4ème opérateur mobile.
Les lobbys de France Telecom, de SFR et de Bouygues ont permis le report de plus d’une année, de l’attribution de cette licence et cela devrait permettre au 3 opérateurs mobiles actuels de déployer de la 4G en LTE dès que cette technologie sera prête sans subir les assauts de Free avec du Wimax déjà opérationnelle commercialement dans plusieurs pays.
La compétition va néanmoins s’intensifier fortement et rogner sur les marges confortables de cette industrie. Si Orange et SFR ne devraient pas trop souffrir, Bouygues est plus exposé car il est plus petit mais surtout il n’a pas d’offre d’accès internet développé.
Le lancement de la Bbox n’est semble-t-il pas un succès commercial malgré les investissements. Il faut dire que ses concurrents directs, dans l’accès internet, ont porté la taille critique à près de 4 millions d’abonnés alors que Bouygues ne peut attendre que quelques centaines de milliers de clients d’ici fin 2009.
Une taille trop modeste pour innover sur le terrain des services/contenus, cheval de bataille d’Orange et SFR.
Quand à challenger Free sur les services, ce sera difficile car si Bouygues Telecom se risque, le premier, à packager des offres fixe-mobile pour capter des clients sur l’accès internet il dégradera fortement ses capacités d’investissement pour la 4G et signerait son déclin.

L’entrée en bourse de Bouygues Telecom, comme nous l’avions préconisé en 2006, aurait pu générer du cash pour racheter l’un des 3 FAI qui ont été repris par Neuf, Free et SFR mais maintenant c’est trop tard. Il n’est même, certainement, plus possible d’introduire l’opérateur en bourse dans la situation actuelle à un prix attractif.
De nombreuses rumeurs faisaient état d’une valorisation de 10 milliards d’euros pour Bouygues Telecom en 2006, aujourd’hui les perspectives de cette entreprise à long terme la valoriserait probablement moins de 4.
C’est probablement sur ce point ainsi que sur la répartition du management qu’ont échoué les discussions entre Bouygues Telecom et Free courant 2007. Le rapprochement des deux opérateurs aurait pourtant eu du sens.
Il va falloir maintenant à Bouygues Telecom beaucoup d’énergie et de patience pour remonter le retard, si c’est encore possible, dans l’accès internet avant l’arrivée du haut débit mobile.
Si Numéricâble était plus puissant, dans l’accès internet, un rapprochement pourrait être envisagé d’autant que le câblo est MVNO de Bouygues et qu’ils se connaissent déjà. Numéricâble est cependant lui aussi dans une situation délicate avec des actionnaires majoritaires, fond d’investissements, à court de liquidité et qui ne peuvent plus investir lourdement. L’opérateur du câble a d’ailleurs annoncé à l’automne 2008 un recentrage vers la profitabilité et un décalage de ses investissements de mise à niveau de son réseau.
Aucun intérêt donc pour Bouygues Telecom qui a plus besoin de client ADSL que d’un réseau puisque qu’il a racheté une partie de feu le réseau de Club Internet que Neuf lui a revendu après l’absorption.
Un paysage difficile donc pour le groupe de télécom éponyme et qui devrait obliger Martin Bouygues à réagir rapidement pour ne pas perdre les fruits de ses investissements.
Cet article fait parti d’un dossier de trois articles :
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