
CNET c’est un peu le pionnier des sites de contenus en ligne. En quelques années le groupe a constitué un ensemble de médias en ligne (ZDnet, Cnet.com, News.com, Download.com, Gamespot, MP3.com, TV.com, Radio.com, Gamekult,…). Le groupe était un peu le graal pour les éditeurs traditionnels papier recherchant un modèle économique rentable sur Internet. Et les profits en 2007 tendent à le démontrer puisque le résultat net a été de 178 millions de dollars. CBS a débourser 10 fois les bénéfices 2007 (1,8 milliards de dollars) pour mettre la main sur un ensemble de sites et une grande expérience des contenus en ligne.
SI le prix d’acquisition paraît réaliste c’est masquer deux éléments clés.
Le premier c’est le déclin du groupe indépendant dans la sphère internet et le second les atouts que cela représente pour CBS.
Le déclin d’un modèle semi-traditionnel ?
Bien que très puissant face à des sites de contenus dispersés et des sites de médias traditionnels peu développés, CNET a dû jeter l’éponge. Après une première vague de licenciement en 2007 pour réduire ses coûts d’exploitation, le groupe doit aujourd’hui réinventer son modèle face à des nouveaux entrants comme TechCrunch qui a su capter une audience technophile sans les coûts d’exploitation de CNET.
ET c’est bien là que se situe le problème. C’est que les fondateurs de CNET ont raisonnés naturellement avec un modèle de production de contenus à l’image de ce qui existe sur le papier : une organisation fixe, voire rigide, de professionnels de médias. Tout cela a un coût qui n’est pas toujours en adéquation avec les revenus générés sur le net. Tant que CENT est resté relativement « seul » sur le marché tout allait bien mais la multiplication des sources de contenus (blog personnels ou professionnels, sites divers, …) ont émietté l’audience.
Dès lors il fallait être capable de s’adapter à cette nouvelle donne ce que n’a pas encore su faire CNET.
Il convient d’être modeste et de reconnaître qu’avec 178 millions de dollars de profits en 2007, ils sont plutôt bons mais il va nécessairement y avoir des réorganisations pour être capable de maintenir ce rythme. Il leur faut impérativement maîtriser les coûts de production des contenus tout en élargissant leurs natures (de la vidéo, du son…) et leurs profondeurs (sortir du pré-carré des technologies).

Pour CBS un challenge à presque 2 milliards
CBS est le plus petit des networks américains avec une capitalisation boursière de 16 milliards de dollars. Ces tentatives dans l’internet ont été plutôt timides jusqu’ici. Ils ont été dans les négociations avec News Corp sur Hulu mais n’ont pas donné suite. Le groupe a préféré se rapprocher de YouTube qui diffuse les contenus du network. Cela lui a réussi puisque cette opération a augmenté de 5% ses parts de marché sur les séries reprises sur YouTube.
Le groupe a également favorisé des accords avec MSN ou AOL pour lui servir de relai sur internet. CBS a également testé de l’emailing vidéo avec Sling et une chaine de TV appelée Innertube (en 2006) mais sans grand succès.
Le challenge ici est donc tout autre puisqu’il s’agira de transférer les compétences indéniables de CNET dans le online pour en faire bénéficier l’intégralité des activités de CBS.
Le groupe de médias a néanmoins pris le contrôle de sites qui représentent plus 54 millions de visiteurs uniques aux Etats-Unis et plus de 200 millions dans le monde
Le network saura-t-il, pour autant, piloter un pure player pour l’amener à diversifier ses assets ? C’est là une grande inconnue et les mouvements dans les dirigeants de CNET dans les prochains mois nous éclairerons sur le sujet.
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