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Cloud Computing : le paradoxe pour Sun et les constructeurs informatiques

lundi 14 janvier 2008, par ddurand
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Amazon avec S3 et EC2 a ouvert la voie du "cloud computing". Microsoft a emboîté le pas et la rumeur court que Google se prépare à offrir des services similaires.

Le "cloud computing" (i.e. "traitement dans le nuage"), kesako ? C’est le fait de ne pas posséder d’ordinateurs / stockage chez soi mais de les louer à la consommation chez un prestataire comme Amazon pour exécuter ses traitements à la demande. Tout cela se passe à travers Internet pour un accès direct, efficace et simple (cf. EC2 et S3)

Les avantages ? Peut-être une réduction des coûts mais surtout une grande agilité pour le client : il n’a pas d’infrastructure à entretenir et peut donc utiliser à chaque fois une capacité totale différente correspondant strictement à son besoin de l’instant. L’économie sur les coûts provient clairement de l’échelle à laquelle travaille le prestataire : il automatise et mutualise les achats, les RHs, etc... à un niveau qu’une entreprise standard ne peut jamais espérer.

Comme le pense Jeff Bezos, le boss d’Amazon, cela permet une startup de conserver 70% de ses ressources en ne faisant pas ces activités de "quincaillerie" qui ne la différencient aucunement sur le marché !

Mais, après les startups qui vont montrer le chemin, ce sont les grandes entreprises qui feront réellement croître ce marché du "cloud computing".

Or, abandonner (même progressivement...) ses centres de traitement pour les transférer vers un prestataire à travers Internet est un mouvement risqué : on n’est plus du tout dans le cas d’un contrat d’outsourcing informatique chez un prestataire "physique". Ici, les traitements du client s’exécutent dans un environnement totalement virtualisé où il est impossible de lui montrer "ses" machines et "ses" équipes dédiées.

Pas simple alors pour un CIO / directeur informatique de prendre une telle décision de "cloud computing" global.

Il faut des pionniers. Eh bien, c’est paradoxalement un constructeur informatique qui s’y lance en premier : Brian Cinque, l’architecte des centres informatiques de Sun annonce que d’ici à 2015 Sun aura fermé tous ses centres de calcul pour virtualiser le 100% de ses ressources informatiques centrales en mode "cloud computing" chez des tiers.

Pourquoi c’est paradoxal ? Parce que cela peut surprendre qu’un constructeur d’ordinateurs soit parmi les pionniers à vouloir se débarrasser chez lui de sa propre quincaillerie...

Pourquoi est-ce nécessaire ?

- Parce que (accessoirement vu les 2 arguments qui suivent), cela produira des économies

- Parce que, vu le risque encouru, il faudra des références solides pour faire basculer les décisions de directions informatiques / générales. Sun MicroSystems est 187ème dans le célèbre classement Fortune500. C’est donc une référence de poids !

- Parce que les Amazon, Microsoft, Google et autres futurs concurrents à venir vont chercher des partenaires solides pour développer leurs plates-formes "cloud computing" à des échelles inconnues jusqu’à lors. Qui sera alors mieux placé que le constructeur qui se sera déjà appliqué (avec succès) la recette à lui-même : il aura développé toute l’expertise nécessaire !
Sur le dernier point, c’est du sérieux : Google gère déjà 1 million de serveurs, Yahoo et Microsoft vont dans les mêmes traces. Sans même parler croissance du besoin (qui viendra pourtant par la commercialisation des services "cloud computing" par les 3 grands) mais par simple renouvellement tri-annuel, on parle donc déjà d’un marché colossal !

A une époque, Sun nous vendait le slogan "The network is the computer". Maintenant, gageons que la nouvelle devise va sûrement être "The network is the data center" !

[Via N. Carr]

Source : blog Media Tech (par didier durand)

lundi 14 janvier 2008, par ddurand
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