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Conférence sur la TV du Futur, les visions des intervenants divergent profondément

mardi 10 novembre 2009, par Christian Jegourel
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Des conférences sur le futur de la télévision se tiennent pendant deux jours à Paris à l’Espace Pierre Cardin. L’objectif est de préciser les enjeux auxquels sont confrontés les acteurs de la chaîne de valeur de l’audiovisuel.

Coté chaîne de télévision, seul France 2 a fait le déplacement en la personne de son DG, François Guilbeau.

Pour le patron de France2, le groupe se transforme en média global et les sites web des chaînes font records d’audiences sur Internet. C’est une vision que je ne partage pas du tout.

Le directeur générale de la chaîne public ajoute que de son point du vue, les médias traditionnels et les diffuseurs en particulier, ne sont pas menacés par Internet car les chaînes restent les prescripteurs en matière de production de contenus.

Un discours en totale opposition aux propos de Gilles Fontaine de l’Idate qui intervenait en fin de journée et qui décrivait les risques importants pour les diffuseurs de voir la chaîne de valeur se modifier au profit des producteurs de contenus, notamment américains. Une perception du marché que je partage largement pour l’avoir détaillé dans de nombreux articles : TF1 au cœur de la tempête a encore du potentiel ou Baisse des recettes de TF1, début d’une érosion structurelle ? Analyse.

Une modification de la chaîne de valeur largement prévisible dont nous avons souvent parlé depuis 2006 sur YouVox Tech.

Un vif débat sur la télévision mobile personnelle qui me rappelait de précédentes interventions depuis deux ans et qui ne débouchent sur rien, tant les enjeux stratégiques entre les différents acteurs sont différents.

Pour résumer, les chaînes de télévision voient en la TMP un nouveau moyen de croissance mais n’ont pas les moyens de payer le déploiement d’un réseau broadcast. Les opérateurs voient en la TMP un argument pour proposer de nouveaux services dans leurs forfaits mais ne veulent pas payer, seuls, le déploiement d’un réseau alors que les recettes espérées restent très faible. Les équipementiers sont près à commercialiser des produits DVB-H ou SH mais attendent les commandes des opérateurs pour les fabriquer. Les consommateurs ne savent pas trop se qu’ils veulent et ce qu’ils sont près à payer pour accéder à des chaînes broadcast gratuite en TNT ou sur leurs « box ».

Vous avez dit la poule et l’œuf ?

Peu d’intervention sur les attentes des consommateurs ou sur les nouveaux modes de consommation des contenus. C’est bien regrettable car le principal bouleversement vient bien moins du passage de la TV en IP que des possibilités offertes aux consommateurs de contourner toute la chaîne de valeur mise en place par les acteurs actuels de la télévision depuis la production jusqu’à la diffusion en passant par les mécanismes complexe de redistribution de la valeur, de quota de diffusion d’œuvres françaises etc…

Quid du droit d’auteur ou de la valeur d’un contenu dans un processus de diffusion hors rendez vous et hors grille de chaînes de TV ? Quid de la taille critique des sociétés de production pour répondre à un marché devenu global ? Quid des quotas de diffusion si les consommateurs accèdent en direct depuis leurs téléviseurs connectés aux sites de streaming en ligne ?

Bien des questions laissées en suspend qui dérangent certainement l’establishment de l’audiovisuel mais qui restent fondamentales pour envisager le PAF de demain ou devrais-je dire le « PAG » (paysage audiovisuel global).

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mardi 10 novembre 2009, par Christian Jegourel
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Réactions
  • Conférence sur la TV du Futur, les visions des intervenants divergent profondément

    anonyme
    par stefsg - 10 novembre 2009 14-13

    Oui je partage assez votre analyse, même si cela va prendre du temps. je suis journaliste à France3 en région et nous voyons bien que nous sommes regardés, et pas que par des vieux grâce à des sites comme culturebox.fr qui marchent bien et mettent en valeur notre travail. Cela dit le glissement vers les producteurs -au sens effectivement de producers- est envisageable. Mais les producteurs français actuels, mis à part quelques uns qui d’ailleurs finissent un jour ou l’autre dans le giron d’Endemol ou Lagardère, ne sont pas à la hauteur d’un tel enjeu. Pas de vision, peu d’imagination quant aux plans de financement, le recours trop systématique aux subventions pour monter les dossiers pas de culture du "projet" transversal. Stéphane Grammont

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