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Débat iPhone : Application ou Web Application ?

Alors que le monde de la communication et du marketing ne jure plus que par les applications iPhone, certains ont cette idée folle qu’une web application peut avantageusement remplacer une application, si tant est que l’on ne veuille pas faire de jeu en 3D. Comparatif des deux solutions.

Quelques heures après la présentation du nouvel iPhone 3 GS par Apple, retour sur un débat agitant le monde du Marketing Mobile quand on parle d’iPhone : vaut il mieux faire développer une Application, ou une WebApplication ?

Alors même qu’Apple a longuement vanté les avantages des nouvelles applications lors de la keynote d’hier, les nouveautés présentées dans le nouvel OS 3.0 vont également permettre d’aller plus loin avec les Web Applications.

Pour preuve, l’abandon par Google de son Application Latitude pour la remplacer par une Web Application, grâce à la prise en compte maintenant possible du GPS à travers le navigateur de l’iPhone.

Petit rappel des faits, si vous ne savez pas très bien quelle est la différence entre les 2 (car vous êtes entourés de conseillers qui vous vendent des applications d’office les bougres !!) :

Une application (le st graal du marketing mobile n’est ce pas depuis quelques mois) est un petit logiciel, sur le modèle des widgets que l’on trouvait sur ordinateur, à installer sur son iphone, après l’avoir téléchargé sur l’AppStore, le magasin en ligne d’applications d’Apple. Une webapp, est un site internet parfaitement adapté à l’iPhone (oui, on peut également utiliser le terme site internet mobile, mais que voulez vous c’est moins glamour). Présenté ainsi, on se dit rapidement que le débat va vite être clos : l’expérience offerte par une application est tellement forte que jamais, au grand jamais, nous ne saurions la retrouver avec un site internet mobile ! (la déroute du WAP est passée par là)

Et pourtant.

Il suffit de regarder la web app Gmail et l’application Gmail pour ne plus jamais toucher à l’application. Plus simple, plus rapide, plus belle, et plus fonctionnelle, la web app écrase l’application, qui peine à se mettre à niveau aussi rapidement.

Car c’est là la principale différence : alors qu’une application est développée en Objective C, une web app est basée sur le HTML (pour simplifier) des familles, au coût de développement largement moindre, et surtout, déjà utilisé sur le WEB (vous connaissez ? un petit réseau sympa)

Du coup, il est plus facile de faire des modifications sur une web app que sur une application.

Histoire de structurer un peu le débat, comparaison de quelques points précis :

Développement/ Coût : nous l’avons vu, le développement d’une application est beaucoup plus long et fastidieux (car en Objective C) qu’une web app (qui utilise les standards du web) - Vainqueur : web app

Maîtrise de la mise en production / Réactivité : une web app est avant tout un site web ; il vous suffit de créer une url spéciale/ redirection et votre site est en ligne. En revanche, l’application elle sera en ligne au bon vouloir d’Apple, qui contrôle systématiquement toute mise en ligne (et peut même refuser une application). Résultat : sur ce point également, une web app sort largement vainqueur car beaucoup plus flexible.

Accessibilité sur Iphone : Les deux affichent une icône sur le bureau de votre iPhone (voyez par exemple la publicité ci contre pour la web application Bemobee), une fois installées. En revanche, une application nécessite d’être mise en avant par Apple pour être convenablement téléchargée (au delà des 25 premières applications présentées dans l’App Store, il est difficile d’exister !), et pour créer le buzz ; une web application pourra tout simplement être trouvée sur un moteur de recherche mobile tel Google. Une web app serait ainsi plus accessible qu’une application, car reprenant les principes qui ont fait le succès de Google, et du web en général. Vainqueur : web application.

Accessibilité Hors Connexion : Bien que les premières web app nécessitaient souvent d’être connectées soit en Wifi soit en GPRS/3G/ (3G + avec le nouvel iPhone) pour fonctionner, les technologies et les développeurs ont fait avancer le débat, et permettent maintenant de mettre en cache une web app et son contenu ; ainsi, de la même manière qu’avec une application, vous pourrez à loisir naviguer dans une web app dans un avion ! Ex aequo sur ce point donc.

Capacités “Wahoo Effect” : Nous serions tentés de dire Application vainqueur par KO … mais finalement pas si sûr que cela. Bien sûr, dès que vous voulez mettre de la 3D, des graphismes, beaucoup de son, de la réalité augmentée, il vous faut une application, qui est un vrai logiciel tournant sur une machine avec la puissance de feu madame la Dreamcast ! C’est dire les possibilités. En revanche, il est fortement possible d’avoir le fameux “Wahoo effect” avec une web app, bien pensée et bien développée : allez visiter le site Playboy Spécial Iphone ( http://iphone.playboy.com/#_home ) : une démo vaut bien tous les discours. Quel dommage cependant que Flash ne soit pas encore sur Iphone ! Vainqueur, Application tout de même.

Utilisation des fonctionnalités iPhone : ExAequo, avantage Application. Tous les composants du téléphone peuvent être utilisés via une Application ou une Web Application, même s’il est beaucoup plus simple de les intégrer via une application. Cette notion est encore plus vraie avec le nouvel O.S.

Navigatibilité : ExAequo. Cette notion est fortement dépendante du parcours client proposé et du travail qui est fait sur son sujet pour le rendre accessible au mobile. N’en déplaise à certains, les effets graphiques n’ont rien a voir là dedans. Aller, prenons un exemple au hasard : vous pensez vraiment que Google est devenu premier grâce aux effets spéciaux qui habillent sa home ?

Relation avec les clients : L’application sort vainqueur car elle prévient l’utilisateur de toute mise à jour disponible ; pour la web app en revanche, l’utilisateur devra se connecter au site pour voir s’il a été mis à jour. (la différence entre un mode pull et un mode push - même si, soyons honnêtes, il est facile de remédier à cela grâce à un flux rss prévenant l’utilisateur de toute mise à jour sur le service). L’autre avantage pour une web application, c’est qu’il est possible de la raccorder facilement à tout autre dispositif de marketing mobile, tel que l’envoi de SMS, comprenant une url renvoyant vers la Web Application. Même si les nouvelles applications auront la possibilité d’être “réveillées” par la push notification, il sera sans doute toujours plus simple d’utiliser les outils traditionnels du marketing mobile, déjà éprouvés et intégrés dans des systèmes d’information plus conséquents. Vainqueur : Application, sous réserve que la push notification fonctionne parfaitement intégrée à des dispositifs plus globaux.

Billing : le nerf de la guerre diront certains ! Apple a fait un grand pas sur ce sujet, en permettant aux éditeurs d’application de faire payer directement les clients au sein de leurs applications, en utilisant leurs comptes iTunes. Malheureusement, ainsi que nous l’avons appris hier lors de la keynote, Apple prélève 30 % de la somme ! Une web app permet elle d’être beaucoup plus flexible, en ayant recours à la CB, ou même à tout autre système de micro paiement … sur lesquels Apple n’aura aucun droit de regard. Et, même si VISA ou autres prennent des commissions, elles seront de toute façon largement inférieures aux 30 % gardés par Apple.

En résumé,

une application est un formidable outil de buzz, au potentiel graphique/wahoo effect très important, parfaite pour une vitrine spectaculaire de votre activité. Inconvénients : un développement onéreux dans un environnement totalement fermé et totalement contrôlé par Apple.

une web app permet un développement rapide et souple, pour des capacités graphiques très intéressantes - une réflexion plus globale peut de plus la rendre compatible avec les 99 % de téléphones du marché restants (et surtout, les smartphones type Blackberry ou Androïd)- pour une accessibilité maximale via les outils de recherche web classique. Et qui vous permet de maîtriser totalement votre image, et de garder l’essentiel des revenus générés pour vous. Inconvénient : difficile de faire un jeu 3D en web application.

Au niveau du service (et non du divertissement, la nuance est de taille) apporté au client , bien souvent le recours aux applications est abusif.

En prenant un exemple volontairement excessif, proposer à des lecteurs d’un magazine une application au lieu d’une web application , reviendrait ( si l’on transpose l’exemple sur un ordinateur) à leur demander d’aller acheter un logiciel à installer sur leur pc pour accéder au contenu en ligne, au lieu de leur proposer de se connecter au web, tout simplement.

A vous de juger quels sont vos besoins, et surtout à quel dispositif votre cible sera-t-elle plus réceptive.

Mais force est de constater que bon nombre d’applications lancées ces derniers mois (infos ou présentation de produit) auraient pu être réalisées en Web Application.

Nous vous invitons d’ailleurs à vous connecter à la Web Application Bemobee (http://www.bemobee.com directement depuis votre iPhone) pour trouver une illustration à nos propos - vous pourrez de plus rajouter sur votre écran d’accueil un accès direct à toute l’actualité du business mobile !



mercredi 10 juin 2009, par Paul-Louis Belletante - Bemobee, Marketing Mobile
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