C’est un fait : les contenus audiovisuels sur Internet ont le vent en poupe. Qu’il soit un nouveau média ou un flux de distribution supplémentaire, le web cannibalise les tuyaux au point de faire craindre à certains une specialisation du réseau selon la nature des contenus transportés (à travers le débat sur la neutralité des réseaux).

Jusqu’à présent, la majorité du trafic du web était généré par les échanges des logiciels de peer-to-peer ; et l’apparition des "chaînes" telles que YouTube ou DailyMotion n’était pas pour ralentir la tendance. Mais c’est avec le développement de l’IPTV des FAI, de la VOD et des nouveaux entrants tels que Joost que les réseaux vont être poussés dans leur retranchement. Un scientifique américain avançait même il y a peu que la part de la vidéo dans le trafic web pourrait atteindre le chiffre de 98% en 2009.
Un chiffre à prendre avec les précautions d’usage, mais qui reflète la tendance actuelle en faveur de la webdistribution des contenus vidéo. Une récente étude Club Internet/Ipsos, menée sur 2000 utilisateurs de la TV sur ADSL, montre le potentiel de l’IPTV, dont l’usage est plébisicité. Elle est dores et déjà appréhendée comme la TV de demain, apportant une dimension "plaisir" supplémentaire à son homologue hertzienne.
Et cette tendance est corroborée par l’étude "L’année TV 2006" de Médiamétrie qui indique que la TV est boudée par le jeune public.

Dans sa transformation de média de l’offre en média de demande, la télévision est passée par des phases de segmentation des contenus, via le câble et le satellite. Bien que la promesse des chaînes thématiques n’ait pas obtenu les résultats escomptés, elle a permis de dégager une concurrence extrême, concurrence qui est aujourd’hui représentée par l’offre pléthorique de chaînes sur IP.
Les FAI français offrent ainsi plus d’une centaine de chaînes chacun, thématiques ou internationales. Plus la VoD chez une dizaine d’opérateurs (Canalplay, Glowria, TF1 Vision, Virginmega...), et les très prometteurs systèmes de catch-up TV, déjà en place chez Club Internet pour certains programmes de TF1 ou M6.
Cette révolution dans la manière de regarder (et d’appréhender) la télévision induit deux changements majeurs.
Le premier, c’est que ce n’est plus le média qui ryhtme le temps - de cerveau - disponible des spectateurs. Il individualise sa consommation, transformant le massmedia en média de masse. L’Idate avait récemment utilisé le terme d’egocasting pour caracteriser ces changements d’usages.
Le deuxième, c’est que le choix pléthorique rend nécessaire l’accompagnement du spectateur. L’éditorial est de retour. Et de là les guides TV. Guides TV qui n’ont plus grand chose à voir avec le TéléPoche de papa. Bienvenue dans le monde des EPG (Electronic Program Guide) et des IPG (Interactive Program Guide).
C’est le mastodonte US TV Guide qui a ouvert récemment les hostilités, en rachetant pour 16 millions de dollars Aptiv Digital, spécialiste des guides de programmes, installés entre autres dans les set-top-box de Time Warner Cable. 16 millions de dollars pour fournir quelques 8 millions de foyers américains.
En France, le groupe Prisma Presse a racheté en février 2007, pour un montant non dévoilé, le site indépendant Programme-tv.net, avec pour but de le fusionner avec teleloisirs.fr. Programme-tv.net a enregistré plus d’1,2 million de visiteurs uniques (source Nielsen janvier 2007).
Dans le même registre, mais sur un segment différent, la société TotalVoD envisage de fournir un guide exhaustif des contenus VoD disponibles, et de permettre à terme de les broadcaster sur son écran, par l’intermédiaire de n’importe quel FAI. En dehors des contraintes liées aux solutions techniques de streaming, toutes différentes, il n’est pas sûr que lesdits FAI, propriétaires de leur technologies, apprécieront.
C’est que, dans un monde d’abondance, la valeur vient forcément du conseil. Aux Etats-Unis, TiVo vend le programme 13 dollars par mois, en plus du coût de la box.


Mais le web 2.0 se faufile bien évidemment dans ce nouveau segment hautement valorisable. L’expérience et le partage sont les deux mamelles de l’interactivité.
Deux offres viennent d’émerger aux Etats-Unis, qui sont couchville et meevee. Elles permettent de sélectionner, recommander, annoter, être averti de la diffusion de programmes sur les chaines des bouquets, satellite, câble ou IP. Et bien évidemment de créer des communautés d’intérêts autour de tel ou tel programme...
Et TVGuide de lancer un moteur de recherche (nom de code Stingray) permettant de chercher parmi les vidéos proposées par les seules principales chaînes US, qui, rappelons-le, proposent quasiment toutes leurs programmes phares sur le web.
La recherche a fait en quelques années la fortune de l’inconnu Google, qui rivalise maintenant avec les plus grands grâce au contrôle du PC. La recherche de contenu audiovisuel, son éditorialisation et son exposition seront au coeur de la prochaine bataille, avec en arrière pensée le contrôle d’un bien plus précieux : celui de la télécommande.
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Dans un marché TV en pleine recomposition, qui tend vers une offre globale et exhaustive de contenus, l’accent est plus que jamais mis sur l’éditorialisation, ou à tout le moins les aides au choix du télespectateur. Les grandes manoeuvres autour des EPG sont lancées...
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