France Telecom sa dette et la crise.
La dette de France Telecom est étalée jusqu’en 2037, à aucun moment les échéances ne sont supérieures aux flux prévisible de free cash flow, l’essentiel des engagements a été passé sur la base de taux fixes. La société est donc parfaitement à l’abri des conséquences du renchérissement des taux subséquent aux tensions poursuivis sur l’euribor. Au contraire, la société peut en tirer des bénéfices en obtenant une meilleure rémunération de sa trésorerie au jour le jour. Au surplus on doit noter que 13% du stock de la dette est libellé en livres laquelle devrait baisser considérablement dans les mois à venir. La crise actuelle présente des opportunités de tous ordres pour les entreprises jouissant d’une bonne santé financière qui peuvent arbitrer facilement pour tirer le meilleur de leur situation, qu’il s’agisse de procéder à des acquisitions à prix discount (les opportunités se présenterons d’elles mêmes), de racheter leurs titres (celui de FT résiste extrêmement bien) ou encore de gérer leur dette au mieux.
Quelques chiffres
Le chiffre d’affaires progresse de 3.9% à base comparable et s’établit à 26304 millions d’euros. Contrairement à l’année passée une bonne partie de la croissance provient des marchés matures de la société. L’EBITDA progresse plus vigoureusement de 4.1% à 9675 millions d’euros. Les investissements suivent également une pente ascendante à 3134 millions d’euros (+5.2%). Les effectifs suivent eux une pente décroissante et se stabilisent à 185102 avec une baisse particulièrement marquée en France où les effectifs se stabilisent à 104352. Le bénéfice net est en baisse à 2675 millions d’euros du fait de la charge fiscale qui augmente en raison de la baisse des avoirs fiscaux reportables, enfin ! Le taux d’IS réellement décaissés rejoint presque le taux normal, on doit donc s’attendre à ce que la baisse du résultat soit suivie dans le temps. La dette nette s’établit à 38 000 millions d’euros, autrement dit les ratios visés par le management sont clairement tenus alors que le premier semestre est celui soumis à la plus forte pression sur la trésorerie du fait du paiement du dividende.
Les marchés de la société
La performance au Royaumes-Uni est tout simplement exceptionnelle à périmètre comparable le chiffre d’affaires augmente de 9.7%. En Espagne, alors que la dépression qui a atteint le pays a d’ores et déjà matraqué un concurrent comme Vodafone, France Telecom dégage une croissance supérieure à 2.2%. En dehors des marché matures la société dégage une croissance de 8.3% dans le mobile. La société poursuit sa croissance en Afrique l’intégration de Telekom Kenya est en cours et le lancement de services mobiles au Niger a eu lieu le 30 juin avec succès.
Notes et perspectives
Concernant le marché européen les résultats de France Telecom contrastent très positivement avec ceux dégagés par les grands concurrents. A notre sens la stratégie d’opérateur intégré doit jouer un rôle dans ces succès, il faudra toutefois attendre le cœur de la tourmente à venir et l’envol des offres convergentes pour en être certain. Concernant la stratégie de croissance géographique il nous semble que le choix de l’Afrique est particulièrement indiqué .car à terme la croissance de ce marché sera phénoménal alors que les coûts d’entrée sont encore faibles. Rétrospectivement l’abandon de l’opération Telia est une excellente chose, remercions le marché !
Auteurs : Eric Grémont
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