Cette seconde table ronde pose une question très intéressante de la segmentation des contenus en package. Que ce soit en télévision ou sur Internet la segmentation est toujours un problème de curseur.
Le cas Eurosport
C’est le propre fils du PDG de TF1, Laurent Eric Le Lay qui intervient et reste très pragmatique. Sur le sport la diffusion directe reste la norme et la menace de l’internet est faible. Par contre les coûts de captation des programmes rsiquent d’augmenter avec la compétition des acteurs télécom ainsi qu’avec la HD qui entraîne des surcout sur toute la chaîne de diffusion.
Rodrigo Sepulveda, fondateur bien connu, de Vpop.tv souligne que la mesure d’audience sur Internet n’est pas encore normalisée et que cela rend difficile la commercialisation d’espaces publicitaires. En effet pour faire simple, certains comptent en fonction du nombre de vidéos vues, par nécessairement entièrement, d’autres sur le nombre de seconde, dès la première etc… pas simple pour les annonceurs de s’y retrouver.
Le fondateur de NPA intervient de nouveau sur le sujet en stigmatisant les internautes qui mettent en ligne des séries US comme Lost sur Youtube sans se préoccuper des droits d’auteurs.
Personne ne souhaite polémiquer sur ce sujet car il n’y a pas de solution et malheureusement il faudrait qu’à l’instar des Majors US qui ont intégré ce phénomène que nos dirigeants français fassent le deuil de leur modèle économique.
Je passe sur l’intervention sans intérêt de Camille Pascal, Directeur Général Adjoint,France Télévisions qui part dans une envolé lirique plus en phase avec un cours de philosophie qu’avec la réalité de cette industrie. Même d’autres personnes du groupe sont un peu atterrées.
La position de M6
Avec l’intervention de Christopher Baldelli, qui indique que le budget temps n’est pas extensible (le fameux temps de cerveaux de Patrick Le Lay). C’est une manière élégante de préciser que si les uns ne sont pas concurrents de autres ce qu’Internet prend en temps journalier se fait au détriment d’autres médias.
La possibilité offerte de proposer aux consommateurs des programmes de stock étant le territoire de la télévision. Pour ma part je pense que cela accroît la concurrence avec les producteurs qui pourraient se sentir légitimés à diffuser directement leurs programmes en se passant d’intermédiaires et des coûts s’y afférents. C’est curieux car c’est une discussion que j’ai souvent avec des gens de TV et ils semblent ne pas prendre la menace au sérieux. Baldelli souligne l’importance de la diffusion multi supports mais ce n’est pas si simple de négocier des droits.
Sur le sujet des chaînes thématique, le représentant de M6 pense qu’il faut ouvrir les chaînes aux contenus auto générés par les consommateurs et leurs permettre de trouver une légitimité. Le modèle économique reste néanmoins à trouver
Je ne peux qu’être d’accord avec cela puisque c’est la raison pour laquelle nous avons lancé YouVox
Christopher Baldelli insiste sur la mutation rapide du secteur et la nécessité de suivre plusieurs stratégies à la fois, ce qui me parait plutôt sage. Il croit que la télévision sur le mobile sera plus une concurrence pour les magazine que pour la télé fixe qui est regardé pls de 3h par jour en France en moyenne. Il cite l’exemple des salles d’attentes où l’on pourrait suivre un programme TV…
Marc Tessier de Netgem est plutôt sollicité pour son expérience en tant qu’ancien PDG de France Télévision. Il souligne que les risque ne sont pas les même entre des chaînes à thématiques fortes comme le sport, ou sur des segments plus étroits. Les possibilités offertes par le net permettent de réfléchir à des chaînes à la demande avec des contenus générés par les utilisateurs. Le côté « élitiste » de la télé peut lui donner de bons atouts pour capter ces contenus.
Pour ma part c’est une question à laquelle je ne sais pas répondre avec autant d’assurance car il suffit de voir les nouvelles générations pour se convaincre du déplacement des consommateurs de la télé vers Internet.
Suit l’intervention de Eric Brion , Directeur Général, Equidia
Intéressante intervention qui démontre que la connaissance de ses consommateurs est un plus indéniable dans les nouvelles formes de télévision. Eric Brion nous parle de cible précisent et parfaitement connues pour lesquelles il réalise des contenus en phase. Il croit au développement de la télévision sur mobile pour étendre le temps de diffusion et permettre l’interactivité avec les consommateurs.
C’est au tour de Yannick Bolloré de Direct 8 de préciser sa position.
Le fils du raider breton, souligne que les contenus pour le mobile vont devoir être reformater tant par la taille que par l’adaptation des contenus à un petit écran. La durée de programmes devra être adaptée en fonction de ces impératifs.
Mihai Crasneanu, Président Directeur Général, Glowria aborde le sujet de la VOD.
Pour Mihai, il y a les anciens et les modernes. Il voit le monde de l’audiovisuel de demain à travers des réseaux ouverts, une offre de centaine de chaine dans laquelle la notion même de chaîne va disparaitre au profit de segments et de thèmes, du direct etc. Inutile de préciser que cela déclenche des remous auprès de responsables de chaînes qui soulignent l’importance du métier d’éditeur. Cette fois je suis partiellement d’accord avec eux sur l’importance de la marque pour « labéliser » un contenus auprès de clients (oui je sais dans l’audiovisuel on dit spectateur, mais pour moi ce sont des clients). Mihai nous vente ensuite le phénomène de long traine, de Chris Anderson ( the long tail), adapté aux contenus audiovisuels. Cela donne une nouvelle vie à des fonds de catalogues et un rôle de recommandation des contenus aux consommateur. Au fait Mihai c’est cela le métier d’éditeur.
Je ne suis peut être pas tout à fait partial mais je n’ai jamais cru au modèle de Glowria sur le long terme. Il s’agit d’un rôle d’intermédiaire dans une chaîne de valeur qui est en pleine désintermédiation. Il sera trop difficile pour un petit acteur, même partiellement européen, de concurrencer les chaînes puissante et les distributeurs en ligne.
Après ces présentations, un débat s’engage.
Laurent Eric Le Lay souligne un point déjà identifié qui concerne les modèles de financement de tous ces nouveaux services. A l’instar de son père il fait remarquer que trop d’encadrement législatif risquerait de nuire au développement de nouvelles offres pour les consommateurs. Cette fois je pense qu’il se trompe car c’est probablement ces protections qui permettront à TF1 et à ses chaînes thématiques de freiner les nouveaux entrants. Imaginez la suppression de la chronologie des médias et l’autorisation aux studios US de diffuser directement leurs série en live… Il ne restera plus grand-chose à mettre sur les antennes, d’autant que les producteurs, Endemol en tête réfléchissent à la diffusion en direct sur le net. Sans séries, sans divertissement il ne manquerait plus que le sport édite lui-même de la webTV…. Au fait certains y pensent sérieusement.
Néanmoins monsieur Le Lay souligne un point très important sur la capacité pour les grosse chaîne de faire connaître les contenus qui pourront ensuite être commercialisés sur Internet. C’est un sujet qui mérite débat car si il est indéniable que le succès d’une série est partiellement du à la mise en situation que lui procure la chaîne, je pense que ce modèle va évoluer avec les habitudes de consommation des générations Nitendo (né en 90) et Internet (né en 2000). Pour les premiers (les autres sont encore trop jeunes pour utiliser le net), le marketing virale est devenu une forme de référence. Dans ce contexte une série pourrait devenir culte en se passant de la télévision. Imaginez lorsque la génération née en 2000 aura 15 ans. Le rapport à la communication sera totalement différent.
Marc Tessier est également intervenu pour rappeler que les droits VOD ne sont pas simples à négocier surtout si ils n’ont pas été prévu à l’origine. Il souhaiterait également un modèle qui permette l’accès à la bande passante de FAI afin de proposer des offres de contenus en dehors des services « propriétaires » des fournisseurs d’accès. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer largement sur ce sujet et je pense qu’à terme les contenus Internet renvoyés sur tous les écrans de la maison le permettront.
Christopher Baldelli a soutenu fermement la chronologie des médias en estimant que réduire les fenêtres entrainerait des conséquences fâcheuses pour les chaînes. Il a utilisé le terme se tirer une balle dans le pied. On touche ici toute la problématique de ces évolutions techniques. Le problème c’est que l’on peut peut être le freiner mais pas le stopper. Les contenus ne sont pas protégeable et la multi diffusion rend encore plus facile la captation et la mise en ligne en peer to peer. J’aid éjà eu l’occasion d’écrire dans de nombreux articles qu’aux Etats-Unis les séries phares sont disponibles une heure après la diffusion TV soit deux heures avant le créneau horaire de la côte ouest avec les trois heures de décalage horaire. Les producteurs n’ont pas eu le choix que de proposer les séries en accès payant avant la diffusion TV pour combler ce vide. Il faut inventer de nouveaux moyens de rentabiliser la production plutôt que se barricader derrière une position qui deviendra vite intenable.
Reste le problème de la co-production. De nombreuses chaînes financent partiellement des contenus afin d’acquérir des droits prioritaires de diffusion. Il semble logique que si les plateformes de téléchargement souhaitent pouvoir offrir des contenus en VOD en même temps que les chaînes, elles financent également la production.
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