
La question est particulière car il y a deux problématiques majeures pour les quotidiens aujourd’hui.
La question des types de contenus est évidemment fondamentale mais elle vient, à mon sens, au second plan derrière la viabilité économique du quotidien lui-même.
C’est donc moins le type de contenus que la nature du modèle économique du quotidien qui est fragilisé.
Si, en effet dans un passé récent le consommateur se satisfaisait d’un journal comportant des rubriques multiples avec des articles de fonds, des petites annonces et des articles d’actualité, la météo et les programmes TV, internet favorise une sélection plus précise.
En clair le consommateur ne paye plus pour le menu mais consomme à la carte et sans payer. Bref pas facile de produire des contenus de qualité, originaux avec un dixième des recettes. C’est le vrai challenge des journaux aujourd’hui.
Il reste donc, à mon avis trois modèles potentiels pour la presse :
a) Le massivement multi support, c’est-à-dire l’amortissement maximum de la création de contenus à laquelle certains journalistes se posent encore la question de savoir s’ils travaillent pour une marque ou un support (sic). La taille critique pouvant être celle d’un Next Radio TV ou d’un NewsCorp, l’avenir nous le dira.
b) Le massivement low cost qui peut s’appliquer pour le magazine, le modèle que nous avons choisi pour YouVox, mais moins pour la presse d’actualité. Je parle bien de presse d’actualité et non de quotidien, terme issu de la périodicité d’une production papier qui n’a plus de sens à l’époque du multi supports.
c) Etre intégré dans des bouquets de contenus/services dépendant des FAI et autre fournisseurs d’accès multiservices intégrant le mobile. La marque « agrégateur de contenus est distribuée par un tiers.

Au delà de ces principes simples qu’il faut bien entendu adapter à chaque type et périodicité de contenus, ce pose la question du rôle d’une marque de presse plus que des contenus à y mettre.
La première réponse possible est que la marque doit être un « tiers de confiance » pour ses lecteurs/clients. Que les contenus soient produits en interne par des journalistes professionnels et/ou intégrés avec des contenus internautes d’experts et/ou de passionnés, la marque doit garantir, autant que faire ce peut, la fiabilité des informations diffusées.
C’est ce qui fera, à mon sens, la différence entre des sites produits par des marques soucieuses de leur image et des sites plus ou moins éphémères préoccupés par une audience de moins en moins rémunératrice.
Le second point c’est le retour à une presse d’opinion dans laquelle la marque prend position et ne contente plus d’informer car les informations brutes sont partout. C’est l’analyse qui fera la différence.
Il s’agira donc pour des marques de contenus d’informations d’actualités d’équilibrer astucieusement la production de contenus en interne avec des contenus proposés par les utilisateurs et sérieusement modérés pour atteindre un équilibre économique viable dans une industrie en pleine déstructuration et aux revenus en déclin.
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