Enfin peut dire Xavier Niel, le fondateur de Free. C’est que pour obtenir cette licence mobile, le parcours n’a pas été simple.
L’Arcep a annoncé ce matin que par décision n° 2009-1067 du 17 décembre 2009, l’autorité avait "retenu la candidature de la société Free Mobile dans le cadre de la procédure lancée le 1er août 2009 tendant à l’attribution d’une autorisation, en France métropolitaine, d’un système de téléphonie mobile de troisième génération (" 3G ")".
Le lobbying des 3 autres opérateurs a été intense ces dernières années pour contrer le trublion de l’internet. Tout y est passé, ou presque, pour tenter de démontrer l’inutilité d’une quatrième opérateur : aucun besoin pour les consommateurs, difficulté de déployer de nouvelles antennes, risque de licenciement chez les opérateurs installés etc ... Sans compter les manœuvres sous la tapis.
Mais aujourd’hui c’est fait, Free Mobile devient le quatrième opérateur de téléphonie mobile en France. Il faudra encore attendre 18 mois au minimum pour voir arriver des offres commerciales ce qui laisse encore un peu de temps à ses concurrents pour se préparer à de nouvelles innovations tarifaires.
Car n’en doutons pas, Free Mobile ne se contentera pas de reproduire les modèles existants. Ce n’est pas dans les habitudes de Free de se "coller" aux us et coutume mais c’est surtout une nécessité pour s’imposer dans un marché déjà bien pourvu.
Orange a annoncé hier avoir dépassé les 25 millions de clients, il va falloir aller chercher les abonnés chez les opérateurs installés qui vont tout faire pour les conserver.

Il faut probablement s’attendre à une petite guerre des prix mais ce ne sera certainement pas le seul levier car la taille critique est indispensable pour ce type de stratégie et Free ne sera pas le mieux placé.
C’est donc sur le terrain d’offres convergentes que va se situer l’univers de concurrence avec des propositions intégrant l’accès fixe et mobile.
L’autorisation d’utilisation de fréquences sera délivrée par l’Arcep à Free Mobile en janvier 2010. Le reliquat de fréquences dans la bande 2,1 GHz sera attribué dans le cadre d’un nouvel appel à candidatures, ouvert à tous les acteurs, qui sera lancé au premier semestre 2010.
L’Arcep prépare enfin, en vue d’un lancement au second semestre 2010, les procédures d’attribution des bandes 800 MHz et 2,6 GHz permettant le déploiement des réseaux mobiles de nouvelle génération 4G. Free est évidemment concerné par ces évolutions
Cela va donc être une course contre la montre pour déployer un réseau qui ouvre commercialement d’ici 2 ans et couvre 90 % de la population avant 8 ans comme précisé dans l’autorisation délivrée par l’Arcep.
Free va devoir déployer un réseau compatible 3G en même temps que l’arrivée de la 4G LTE pour le mobile de 4ème génération mais Free pourrait y ajouter du Wimax pour l’accès nomade puisqu’il est détenteur d’une licence nationale en 3,5 GHz.
Les 3 opérateurs ne doivent certainement se réjouir de cette décision de l’Arcep d’autant que Free s’est également engagé à ouvrir son réseau aux "full MVNO" pour dynamiser (dynamiter) un peu plus le secteur.
Si les consommateurs devraient profiter de cette concurrence ce que demandait depuis de nombreux mois l’UFC que Choisir, les marges d’Orange, SFR et Bouygues Telecom vont en prendre un coup.
Pour ce dernier le temps est maintenant compter pour acquérir de nouveaux clients en accès internet car s’il a une part de marché d’environ 17% dans le mobile, dans le fixe il est crédité d’environ 200 000 clients. Ce qui est très loin des plus de 4 millions de Free et SFR ou des 8 millions d’Orange.
Car le terrain de la concurrence va bien se déplacer sur le marché de la convergence fixe et mobile. Orange et SFR sont bien placés pour y répondre avec une taille critique dans les deux segments et même s’ils ne sont certainement pas ravis d’avoir à rogner les marges, ils sont industriellement de taille à faire face.
Bouygues Telecom doit atteindre coute que coute les deux millions de clients internet pour tenir tête pendant que Free devra atteindre un taille critique dans le mobile équivalente. Le parcours n’est simple ni pour l’un ni pour l’autre et l’innovation dans les offres sera déterminante pour capter ces "chers" clients.
Pourquoi pas imaginer des terminaux de type tablette, mixte 3G, 4G (LTE) et Wimax ? Free nous a habitué à de nombreuses innovations avec la Freebox, il n’est pas impossible que l’opérateur intégré cherche à se distinguer de ses concurrents directs.
Car si l’on se projette dans 18 mois, le marché des tablettes va exploser et il est vraisemblable que de nombreux constructeurs soient capables de fabriquer des terminaux sous Androïd à des coûts très intéressants pour un opérateur.
Le marché du mobile, en France, subventionne les terminaux et Free sera certainement à la recherche d’innovations....
Articles en relation :
4ème licence mobile, les grandes manœuvres continuent, point d’étape
Iliad Free confirme sa candidature pour la 4 ème licence mobile
Bouygues Telecom torpille ses marges avec une offre quadruple play
Conseil d’état rejet des requêtes de Bouygues Telecom, une décision qui va lui couter cher
Bouygues Telecom, c’est le moment des décisions stratégiques
206 millions d’euros pour la 4ème licence mobile, un bon prix ?









