Bien que Google ait toujours affirmé haut et fort qu’il ne se positionnait pas comme concurrent de Microsoft (CES 2006 ici), ce service est bien en compétition frontale avec la suite Office et surtout Office Live sur la cible des PME. La suite Google intègre un traitement de texte, un tableur, un outil d’agenda et d’emails. L’accès au service sera commercialisé 50$ par an et par utilisateur.
Le service appelé « Google Apps » existe en version gratuite depuis août 2006 (ici) et aurait séduit plus de 100.000 petites entreprises. Cette nouvelle version payante appelée « Premier Edition » étend le stockage en ligne à 10 Go, la garantie que les services seront disponibles à 99,9% et l’accès à un service de support téléphonique. Un accès mobile via un Blackberry est également inclus.

Si c’est pour Google un moyen d’être moins dépendant des revenus publicitaires, c’est aussi un coup dur porté à Microsoft, qui vient juste de proposer Office 2007, compte tenu des profits dégagés par la division Office.
La guerre économique continue entre ces deux acteurs. Elle va fragiliser les sources de revenus de Microsoft et donc le freiner dans sa capacité d’investissement pour venir contrer Google sur la publicité en ligne. Le géant de Seattle a néanmoins répliqué en annonçant un accord avec BT au Royaume-Uni visant à développer une place de marché logiciels et services pour les petites et moyennes entreprises.

Le prix n’est d’ailleurs pas le seul élément de choix des entreprises, plus focalisées sur la productivité de leurs employés. En prenant compte qu’en moyenne les suites Offices sont mises à jour tous les 3 ou 4 ans et que les grandes entreprises négocient de conséquentes remises, d’après Merrill Lynch, le gain réel serait de 60 à 120 $ par an et par utilisateur.
Procter & Gamble et General Electric ont déjà signé un accord avec Google, mais aucun chiffre ne circule sur le nombre d’utilisateurs concernés. De nombreux partenaires de Google comme Avaya travaillent également pour inclure Google Apps dans leurs applications.
Google Apps est d’’ores et déjà disponible en anglais, français, italien, allemand, espagnol, chinois, japonais et coréen.

Je reste néanmoins sceptique sur la capacité de ce type de services en ligne à supplanter, à court terme, la suite de Microsoft. Il faut vaincre les habitudes et la résistance au changement. Mais, surtout, il n’est pas sûr que les entreprises voient d’un bon œil que leurs documents soient hébergés par un tiers et par Google en particulier (Faut-il faire confiance à Google ?).
Je crois plus, pour les prochaines années, à la stratégie de Microsoft qui vise à fournir des briques logicielles à destination de tiers comme des SSII et / ou des opérateurs de télécom afin d’offrir des services complets aux entreprises. J’ai d’ailleurs proposé cette idée en février 2006 dans un essai prospectif (ici) où je voyais la transformation de FAI en FAMS (fournisseurs d’accès multi services) pour les entreprises avec de multiples applications en mode ASP intégrant l’accès Internet et le support total.
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