Jason Kilar a donné une interview à la journaliste Julia Boorstin sur CNBC. L’occasion pour lui, qui ne s’exprime que très rarement, de faire un point sur la situation économique de HULU à fin 2010.
En 2009, HULU a réalisé 108 millions de dollars de recettes ; en 2010 HULU va générer plus de 260 millions de dollars de chiffre d’affaires, soit une croissance de 140 %. La majeure partie des recettes de HULU provient de la publicité insérée dans les vidéos (preroll, midroll, overlays). Mais le plus surprenant est que Jason Kilar a déclaré que HULU PLUS, le service par abonnement lancé le 17 novembre dernier constitue déjà une partie non négligeable des recettes.
Kilar en a profité pour détailler le business modèle de HULU : marges faibles, mais rentable depuis cinq ans. La stratégie de Kilar est de remonter le plus de revenus possibles vers ses partenaires (les studios) afin que ces derniers lui apportent plus de contenus premium. Cette déclaration n’est pas anodine au moment où NETFLIX a annoncé un accord stratégique avec Disney : plus que jamais HULU et NETFLIX sont en compétition frontale.

Le CEO a expliqué que la force de HULU reposait sur le fait qu’il était le seul service à proposer les saisons en cours des séries des grandes networks américains, qu’il était le seul à inclure de la publicité ce qui permet de proposer de nombreux contenus gratuitement et que son business modèle lui permettait d’offrir des abonnements à prix réduits (7,99$).
La bataille pour le leadership de la VOD ne fait que commencer aux Etats-Unis. On le sait, APPLE, NETFLIX et COMCAST ont de grandes ambitions sur le marché des contenus dématérialisés payants. APPLE dispose d’atouts redoutables, avec son iTunes Video Store, ses terminaux, la puissance de son offre, sa stratégie de prix et bientôt le lancement d’une offre en Streaming. NETFLIX quant à lui bénéficie d’une base abonnés puissante et en constante augmentation, avec des accords de distribution efficaces sur le PC et les Box.
Mais pour HULU le pire reste à venir : les rumeurs du lancement de l’offre payante de GOOGLE se font de plus en plus insistantes (nous reviendrons desuss très bientôt) et les vélléités de AMAZON de renforcer son offre de vidéo à la demande sont connues de tous.
2011 devrait voir cette bataille traverser l’Altantique pour prendre ancrage en Europe, en particulier en France.








