La position de TDF pour un réseau terrestre
Michel Combes, PDG du transporteur, a fait une intervention très maitrisée qui souligne sa bonne connaissance du dossier. Il a contredit l’Arcep en indiquant que les fréquences n’étaient pas si limitées que cela. Que la numérisation permet de faire passer beaucoup plus de canaux par fréquence et que le passage à la TNT va libérer les fréquences de l’analogique.
Un bref couplé sur le Wimax dans lequel TDF est impliqué dans certaines régions françaises en expliquant que les ruptures technologiques sont fréquentes dans son métier et que le rapport Théry avait déjà précisé qu’il faudrait passer par la fibre. Ce n’est donc pas une vraie surprise. Michel Combes en profite pour prêcher pour sa paroisse en soulignant les coûts des fréquences sont en France, de plus de 100 millions d’euros pour France Telecom pour le droit d’émettre, alors que dans certains pays c’est gratuit. Pour l’avenir, le dirigeant de TDF a précisé qu’il ne faut pas l’état soit dans un état d’esprit de trop grande régulation car cela ajouterait à l’incertitude économique, une incertitude légale qui ne pourrait que retarder les investissements vitaux pour la compétitivité de la France.
La position d’Orange avec l’intervention de Jean Noël Tronc
La stratégie de l’opérateur historique est de rechercher des partenaires qui peuvent apporter des briques de contenus permettant d’offrir le maximum de services aux consommateurs. Le groupe a déjà passé des accords avec LCI pour des JT flash sur mobile ou i télé.
Les réserves d’Alcatel
Olivier Coste d’Alcatel a mit le doigt sur un point essentiel, souvent oublié, lorsque l’on parle de nouveaux services c’est l’eco-système de la TV mobile. Si les consommateurs se déclarent friands de ce type de services, le financement n’est pas encore assuré. Quel sera le modèle économique ? Qui va payer les coûts de développement des contenus, ou de l’adaptation aux terminaux de petites tailles ? Sans compter les coûts de diffusion et d’acquisition des clients. Olivier Coste a cité la Corée du Sud qui propose déjà ce type de services sur mobile et si c’est un vrai succès technologique, il n’en est rien sur le plan commercial.
Conclusions de l’opérateur et de l’industriel : la télévision mobile sur DVD-H devrait être opérationnelle en 2007 pour le lancement de la coupe du monde de rugby. L’offre satellitaire devrait être opérationnelle pour les JO de Pékin même si la technologie est déjà prête.
L’intervention d’Eutelsat illustre bien la difficulté des législations nationales.
Le PDG de l’opérateur satellite, Giuliano Berretta, a expliqué que la convergence des services entre les contenus et les télécommunications amène se fait dans un marché sans confrontation mais plutôt dans del’agrégation d’audience. Le groupe dispose de ressources satellitaires pour l’audiovisuel qui pourraient servir également aux télécommunications et à la TV sur mobile et la radio satellite à l’instars de XM et Sirius aux Etats-Unis. Ce schéma démontre la difficulté de régulation entre l’Arcep et le CSA, ce qui ne s’simplifie pas les attributions de fréquences. En ce qui concerne le wimax, il est vu par Eutelsat comme un moyen de relayer les signaux au sol. Une expérimentation est d’ailleurs en cours avec TFD sur ce sujet.
C’est au tour de Daniel Caclin, PDG d’Erenis de se prêter, de mon point de vue, à un exercice difficile.
C’est un vieux débat que j’entretien avec Jean Michel Billaut au sujet du très haut débit. Si il est pour moi inévitable que nous viendrons à la fibre et à des débits supérieurs à 100 Mb/s, l’équation économique doit être remplie pour que le déploiement d’infrastructure se fasse correctement. A ce titre je n’ai jamais cru à la viabilité d’entreprises comme Citefibre et Erenis. La première a été racheté par Free à un prix, semble-t-il inférieur aux sommes injectées et la seconde ne me convainc pas dans la compétition que se livrent les opérateurs. La valeur ajoutée n’est pas suffisante pour résister aux gros acteurs du marché.
Daniel Caclin a, ensuite, orienté son discours sur les avantages de la fibre en terme de qualité de service à un coût compétitif sur Paris.
Ila été rapidement interrompu par Philippe Bailly, qui a souligné que l’augmentation des débits allait entrainer une augmentation du téléchargement illégal sur un ton un peu de reproche. Je suis d’ailleurs un peu étonné du discours de ce dirigeant qui conseille de grandes entreprises de médias car ce type d’intervention cautionne indirectement l’idée que l’on pourrait changer le court de l’évolution. Les technologies sont là et vociférer contre n’y changera rien. Le PDG D’Erenis a d’ailleurs eula bonne réponse en indiquant qu’un opérateur d’autoroute ne peut être tenu pour responsable de la marchandise d’un camion de contrebande. Parallèlement il croit fermement à l’évolution des contenus autoproduits ; au besoin de bande passante permettant de diffuser de la HD. La question suivante a portéesur la limitation en termes de déploiement dans les zones peu peuplées sans qu’une vraie réponse soit apportée.
Quelques chiffres sur la fibre
D’après Erenis les coûts de raccordement seraient de 700 € en FTTB (Fiber to the Builiding) c’est-à-dire en fibre jusqu’à l’immeuble puis en VDSL via le réseau de cuivre. C’est le choix qu’a fait Deutsche Telecom en Allemagne. Pour le FTTH (Fiber To The Home) de la fibre jusqu’à l’abonné, il faut compter 1500 €. Cela donne un retour sur investissement entre 2,5 et 4 ans ce qui semble raisonnable dans ce type d’industrie.
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