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La Bourse est-elle irrationnelle ? Le capitalisme est-il menacé ?

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mercredi 30 novembre 2005, par Christian Jegourel
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Nous sommes aujourd’hui dans une économie mondialisée où nous ne savons plus très bien qui possède quoi. Beaucoup d’entre nous possèdent directement ou indirectement des actions (via des assurances vie, des plans divers…) et la responsabilité sociale n’existe plus. Lorsque vous possédez des actions d’un produit bancaire sans savoir précisément dans quelles entreprises sont investis vos fonds, comment se sentir responsable socialement ou éthiquement ? On veut en même temps que nos placements rapportent, que les produits et services soient de moins en moins chers, moins polluer, produire « éthiquement » et être protégés socialement des aléas des entreprises qui nous emploient. Il y a là des incohérences.

Le déséquilibre

De l’autre coté nous avons des investisseurs privés, des institutionnels (les établissements financiers) des fonds spécialisés dans la spéculation, des mécanismes de leviers (les options…) etc…, tout un tas d’éléments qui mettent les entreprises cotées sous pression dans l’unique but de faire des profits à court terme. Le seul acteur de financement qui soit dans une logique de moyen terme est le Venture capital ou business angel qui regardent le potentiel et le moyen terme. (On en a trop peu en France et cela explique certainement pourquoi nous innovons si peu et créons peu d’entreprises de niveau international dans les NTIC. Tous les succès comme Business Object ou Meetic ont réussi grâce à l’apport de VC)

Dans ces conditions, l’entreprise ne peut plus avoir ce rôle social qu’attendent les employés. Nos politiciens n’ont pas pris la mesure de l’évolution profonde de l’économie de marché globalisée et des travers que cela engendrerait. Je voudrais savoir parmi nos gouvernants actuels quels sont ceux qui connaissent le fonctionnement d’une entreprise et qui ont fait une séance de trading pour suivre l’évolution des cours.

La bourse un oxygène empoisonné ?

Prenons l’exemple du Nasdaq que je connais un peu pour faire un peu de day trading. Les variations journalières sont irrationnelles par rapports aux fondamentaux des entreprises. Vous pouvez avoir des variations de 30 % et plus dans la journée sans annonce de résultats, de nouveaux contrats etc… La question qui vient naturellement est pourquoi cette variation. La réponse que m’ont fait des spécialistes c’est : l’offre et la demande !

A un moment tout le monde veut acheter certaines actions, les cours montent. Les traders surveillent ces « départs de feu », surtout ceux qui font de l’analyse technique. Il s’agit de surveiller l’évolution d’une courbe, les volumes d’échange et de pleins d’indicateurs pour déterminer quand une action va monter ou descendre. On est loin de l’analyse du bilan. Pour ceux qui l’ignorent on peut également gagner de l’argent en pariant à la baisse : on vend à découvert et on rachète plus bas. De cette manière même quand la bourse baisse on gagne de l’argent.

Le problème c’est que ces « paris » génèrent des mouvements financiers considérables qui peuvent être une arme efficace pour les entreprises et les pays et un risque majeur sur le plan social, on l’a vu avec HP (quoique dans ce cas les erreurs stratégiques de leur PDGère qui est quand même parti avec 45 M$ soit probablement responsable de la disparition de la moitié de la valeur d’HP-Compaq).

Un exemple : ces derniers jours au cours de Google (environ 423$ quand j’ai commencé cet article, 411 maintenant) un volume d’échange de 8,5 millions de titres hier, il s’échange plus de 3,6 milliard de dollars de Google tous les jours ! La valorisation de Google est aujourd’hui de 125 milliards de dollars. (Celle de Microsoft de 295 milliards au dernier cours).

Nous sommes dans une période où ceux qui font le « marché » et donc qui alimentent ou coupent l’oxygène de nos entreprises réagissent à des signaux sans connaître bien souvent l’activité de l’entreprise. Quand ils la connaissent, ce n’est pas forcément mieux. Une anecdote personnelle : il y a quelques années j’étais dans une entreprise US de services qui avait comme investisseur Morgan Stanley, entres autres. Lors d’une discussion informelle avec l’auditeur de cette firme, j’apprends qu’ils sont investisseurs de Netscape (on est en 1996). Je ne croyais déjà plus en la capacité de cette entreprise à combattre Microsoft et lui en ai fait part. La réponse m’a stupéfaite : nous ne croyons pas non plus à cette entreprise mais pour le moment le cours de l’action monte et notre seul souci c’est de vendre avant qu’elle ne baisse ! Voila j’avais compris que nous avions un problème.

Le capitalisme ultime guerre par l’économie

Les attentes, les compréhensions, la notion même de guerre économique n’est pas comprise partout.

Il semble que le temple mondial du capitalisme, j’ai nommé les Etats-Unis, profite bien de la situation. Leurs dirigeants ont bien compris cette mécanique. Ils profitent de la maîtrise de leur monnaie (à travers un parfait usage de leurs taux d’intérêts), ont compris que l’avenir de leur suprématie passe par la maîtrise technologique et favorise l’innovation. Manient l’intelligence économique en mettant leurs institutions d’espionnages partiellement au service des entreprises commerciales etc…

On ne peut pas dire qu’en Europe et en France en particulier nous en soyons là même si depuis Bernard Carayon la prise de conscience est partiellement faite. C’est les moyens qui manquent. Car comment jouer à une partie où la plupart des joueurs ne comprennent pas la moitié des règles et où leurs moyens sont inférieurs à leurs adversaires ?

Comment donner les moyens à nos entreprises de rivaliser avec les moyens financiers des Etats-Unis ou les capacités de production des Chinois. Car le problème est bien celui là. Si nous échouons nous sommes condamné à voir notre PIB se réduire, notre chômage exploser, nos prestations sociales diminuées etc.. Il faut retrouver de l’oxygène !

Comment permettre à notre pays de financer plus de recherche, à nos entreprises d’investir et de se développer ? On retombe dedans : la bourse. Mais il faut jouer à armes égales. Aujourd’hui nos entreprises sont trop dépendantes des investissements des fonds US (50% de la bourse de Paris est aux mains d’investisseurs étrangers). Cela ne me choquerait pas en l’état si nous avions des investisseurs en proportions de notre PIB positionnés aux US mais ce n’est pas le cas à cette échelle.

Faut-il des fonds de pension ?

En dehors de tout dogmatisme sur le financement des retraites, des fonds de pensions draineraient des masses financières qui pourraient être investies dans les entreprises dans la recherche etc…

Le capitalisme va-t-il se réformer ?

C’est peut être là que le capitalisme atteint ses limites ou a échoué dans sa mutation. Avec la « relative » circulation de capitaux, aujourd’hui par Internet pour le particulier et la possibilité d’investir directement sur les principales bourses de la planète, la notion débridée du capitalisme risque l’implosion. Sous la pression, les entreprises ne peuvent souvent plus avoir un rôle social, les disparités des niveaux économiques entre les pays entrainent des déplacements des centres de production. Une dernière étude européenne met en évidence le déclin inévitable de la production en Europe de l’Ouest d’ici 5 ans. Notre modèle économique est donc en danger car il menace notre modèle social et notre société toute entière. Le problème c’est que cette menace n’est pas la même pour tout le monde, que des pays profitent aujourd’hui de ce capitalisme débridé et ne veulent rien changer. De toute façon nous n’avons rien à mettre à la place car tous les autres modèles ont échoués. Comment donc réformer ce capitalisme tout seul ?

Je pense qu’il faut savoir « embrasser » l’ennemie pour mieux le combattre. Plus prosaïquement il faut bien comprendre les règles du jeu, se donner les moyens de continuer la course, de former nos dirigeants et notre population aux changements et se réformer d’abord nous même. Quand nous saurons être crédible dans nos réformes, nous pourrons peut être donner des leçons aux autres ou tout du moins proposer des évolutions. Au lieu d’entendre à longueur de journée qu’il faut combattre le chômage, nous ferions mieux d’entendre qu’il faut favoriser et stimuler les entreprises et l’innovation ce qui créera naturellement de vrais emplois et qui sera plus constructif.

Faut-il limiter l’âge des hommes politiques pour renouveler les dirigeants avec une génération plus à même de comprendre le monde d’aujourd’hui et prendre les risque de réformer une société française figée ? Il est quand même paradoxal que les salariés soient amenés à prendre la retraite à 60 ans et que les dirigeants d’entreprises dépassent largement les 65. Ne parlons pas des hommes politiques qui ne veulent jamais lâcher les rennes. Doit-on comprendre qu’être dirigeant est un travail qui ne fatigue pas ?

mercredi 30 novembre 2005, par Christian Jegourel
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