Cet article s’intéresse à une des composantes du management de la connaissance. Ce domaine qui m’est cher est très différent de celui des moteurs grands publics en cela qu’il ne consiste pas à interroger des pages de textes reliées entre elles, mais des documents de nombreux formats. De plus, il ne s’agit pas de texte brut mais souvent de bases de données conceptualisées. Enfin, classer les fichiers par popularité en fonction des liens qui pointent vers eux n’a pas de sens dans le magma des fichiers d’entreprise. Au contraire, la pertinence d’un fichier sera peut-être une date, une thématique abordée dans un synopsis ou un projet en cours. Bref, on le comprend bien, même si cela reste de la recherche, ce sont deux domaines bien distincts.
Sur un marché que Steve Balmer (CEO de Microsoft) estime à 13 milliards de dollars on comprend mieux pourquoi Kevin Turner (Microsoft COO - Chief Operating Officer c’est-à-dire directeur général) annonce lors d’une conférence “La recherche en entreprise est notre business, c’est notre maison et Google ne va pas prendre ce business”. Les cartes sont clairement sur le tapis surtout quand on sait que Microsoft a dépensé l’an dernier plus de 6 milliards de dollars en Recherche & Développement soit le chiffre d’affaires total de Google la même année.
Revenons un instant sur l’offre de Google. Il s’agit d’un moteur de recherche basé sur un serveur que l’entreprise cliente gère elle-même en interne, il n’y a donc pas d’externalisation de données. Celui-ci se base sur un algorithme dit-on très différent de celui utilisé pour classer le web. Son prix de départ de 30 000 $ est loin de la gratuité à laquelle Google nous a habitué. Notons que l’offre est directement accessible depuis la page toujours très dépouillée de l’accueil de Google ce qui montre bien l’importance de cette activité.
Un des freins au développement de ces solutions est le peu de notoriété qu’a Google en tant que fournisseur de services aux entreprises en dépit de sa popularité auprès du grand public. La force de Google semble surtout être sa capacité à établir des partenariats avec des sociétés qui ont déjà une forte expertise dans les systèmes d’information et le datamining comme la société BearingPoint en février dernier. Le deuxième avantage serait de diversifier ses sources de revenus qui sont pour l’instant à 99% obtenus par la publicité. Une forte dépendance que lui reprochent certains analystes, mais pour l’instant la solution Google (Google Search Appliance), lancée il y a 4 ans, ne totalise que quelques 6000 clients dont certains grands noms nous ont été maladroitement fournis par Google (Orange, Accor, La Poste...).
Ainsi, la compétition va être rude. Avec la sortie de Windows Vista, Microsoft nous rappelle qu’il est un acteur souvent incontournable pour les entreprises et qui occupe donc une position idéale pour répondre en premier aux besoins des entreprises en terme d’exploitation de données. Mentionnons également la solution française proposée par Exalead. Elle présente l’avantage d’être abordable et originale dans son approche permettant d’affiner la recherche par thématiques statistiquement définies. Par ailleurs, IBM et Yahoo ! ont dernièrement annoncé le lancement d’un logiciel gratuit dédié à la recherche en entreprise, tout le monde veut sa part du gâteau.
Si vous êtes utilisateurs de tels systèmes en entreprises, quels sont vos sentiments sur le sujet, tant au niveau technique que économique ?
Alexandre Verno Googlinside
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