Je passerai le débat de l’initiative qui en aura laissé plus d’un assez surpris dans les responsables des Régions, ce débat politique n’est pas mon propos.
La dernière trouvaille est simple : “faire de Saclay une sorte de ville du futur consacrée à la recherche et à l’innovation, rassemblant d’ici 10 ans plus de 100.000 chercheurs ingénieurs, étudiants et entreprises innovantes”.
Je cite.
Quelques commentaires...
“En référence à la Silicon Valley américaine”... comme s’il n’y avait pas qu’une Silicon Valley ?! Frederick Terman a fait rencontrer David Packard et Bill Hewlett en 1938. Le début de l’histoire. Et le silicium ça ne se trouve pas partout. Il y a une Histoire écrite depuis plus de 60 ans en Californie, qui a marqué le monde de l’innovation, et ce n’est pas terminé. Alors attention aux comparaisons !
“Nous avons là des potentiels considérables et qui pour l’instant n’ont pas été valorisés”... Je confirme, d’ailleurs à ce sujet la France est une des communautés les plus à la pointe parmi les communautés implantées dans le domaine du Hightech dans la fameuse Silicon Valley.
Mais il n’est pas rare que les ingénieurs Français les plus hardis finissent leur cursus dans d’autres filières, et à l’étranger.

Il y a certes 35.000 ingénieurs sur le plateau de Saclay et Stanford et Berkeley ne consolident à eux 2 que 50.000 étudiants (et ils ne sont pas tous ingénieurs).
Mais ils en sortent mieux armés pour le business et affronter la crise citée par le Secrétaire d’Etat.
Il y a des passerelles entre les différentes thématiques : en tant qu’ingénieur, on peut aller suivre des cours de marketing, de finance.
En France, on ne sait généralement cultiver que des îlots en terme de formation. Aux Etats-Unis, il n’est pas rare de trouver des étudiants un peu plus vieux que 20 ans et qui on déjà leur business, à coté. C’est normal.
“Nous travaillons sur les montages financiers pour trouver les 2,5 à 3 milliards d’euros du projet...”. On parle de quoi ? Financer l’entrepreneuriat, l’entrepreneurship ou le monde du BTP ?
“Un complément financier viendra enfin des collectivités territorialesqui seront les premières bénéficiaires des retombées économiques”... Mais de quelles retombées économiques ?
Je connais un icubateur basé dans la Silicon Valley qui parcourt l’Europe à la recherche d’autres structures similaires afin de nouer des partenariats et de leur faire bénéficier de l’éco-système local, mettre en place des sytèmes d’échanges : il y en a partout dans différentes régions en France, et il n’y en a aucune qui réponde.
Ailleurs en Europe du Sud et du Nord, les choses bougent, les gens donnent suite, bougent, il se passe des choses concrètes pour les startups. La France, elle ne donne pas suite.
L’article ne parle pas des entreprises, il parle de collectivités, d’Etat, de montages financiers, de vues à 15 ans. C’est à la fois trop court et pas assez rapide. Mettons plutôt les énergies au service du présent, utilisons ce qui existe, contentons nous de ce que nous savons faire puisque c’est la crise !
Nous n’arriverons pas à faire venir les investisseurs sur le Plateau de Saclay. Et c’est cela, le nerf de la guerre économique moderne.
Aidons plutôt nos ingénieurs à entreprendre et laissons les grandir là où c’est possible qu’ils grandissent. L’innovation peut commencer ici en France, aidons la au mieux de nos possibilités en France et ensuite laissons là s’émanciper là ou elle le fera le mieux.









