
Le directeur général du groupe, Francis Morel, a présenté un plan d’économie pour la structure qui édite le journal et qui est déficitaire de 10 millions d’euros sur 2007.
Comme la plupart des quotidiens nationaux, le Figaro perd de l’argent. Il est donc temps d’adapter les structures de coûts aux revenus. Et c’est un discours assez récent dans cette industrie plus habitué à recherche l’équilibre par la diffusion et le prix de vente.
Nous changeons d’ère et les médias doivent maintenant raisonner en terme de potentiel de revenu afin d’adapter leur structure de coût plutôt de construire une organisation « idoine » et essayer tant bien que mal de rentabiliser l’exploitation.
Heureusement pour le Figaro, le groupe dans son ensemble dégage encore des bénéfices de l’ordre de 1 à 2 millions d’euros, ce qui lui laisse le loisir de restructurer en douceur
Le quotidien table donc sur un plan de départ volontaire de 60 à 80 personnes dont 40 dans une rédaction de 320 journalistes.
Le directeur général du groupe reste confiant dans l’avenir de la presse quotidienne, mais peut-il dire le contraire ? Il précise néanmoins que la presse nationale mais c’est également vrai pour la régionale, vie sur un modèle économique des années 1970 et 1980, dans lequel les recettes publicitaires importantes permettaient d’offrir des produits luxueux à un prix inférieur à leur coût de revient. Aujourd’hui, il reste les coûts mais pas les recettes.
Comme le disait récemment Alain Weill : le papier va devenir un produit de luxe mais il faut adapter les coûts de production à une économie internet nettement moins rémunératrice. Une sorte de modèle low cost mais qui demande néanmoins une grande qualité éditoriale et d’investigation sous peine de ne voir résister que les plus gros titres.
Pas simple d’autant que Francis Morel est conscient que le temps de l’abondance publicitaire ne reviendra jamais sur le papier. Le DG indique que la PQN a perdu près de 240 millions de recette publicitaire entre 2000 et 2007 !
Cela s’est traduit pour le titre de Serge Dassault par une baisse de 36% de ses revenus pub et de plus 70% de ses recettes de petites annonces.
Même si les sites internet du groupe rencontrent un beau succès d’audience cela ne se traduit pas par des revenus à la hauteur de ce qu’ils auraient été sur le papier avec la même audience. A l’inverse 20 à 25% du chiffre d’affaires est réalisé avec de nouvelles lignes de revenus qui n’existaient pas en 2002.
Le pôle web représente 13% du CA du groupe mais il faudra adapter les coûts de fonctionnement du quotidien papier à la baisse de revenus et de la vente au numéro. Il sera néanmoins difficile de passer d’un modèle « traditionnel » à une organisation plus souple.
L’interview du DG du Figaro :








