Ce rapport analyse les offres payantes et abonnements mensuels de services d’accès mobile à haut débit sur les cinq principaux marchés européens, à savoir la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni. Chaque chapitre donne un aperçu du marché des services de haut débit mobile, étudie la part relative des services non-vocaux dans le chiffre d’affaires des opérateurs, présente le nombre anticipé d’utilisateurs de services d’accès mobile à haut débit et fait l’analyse des principaux tarifs pratiqués sur ce marché.
Toutes les conditions sont réunies pour que le marché du haut débit mobile connaisse une croissance explosive au cours des deux prochaines années. Sur les cinq principaux marchés européens, le nombre total d’abonnés à ce type de services devrait passer d’environ 22 millions fin 2009 à plus de 43 millions d’ici 2011. La croissance du nombre d’abonnés sera toutefois amortie par une baisse du niveau moyen de dépenses par utilisateur. Il n’en demeure pas moins que les opérateurs tireront pleinement parti de cette dynamique de marché : sur les cinq principaux marchés européens, le chiffre d’affaires généré par les services d’accès mobile à haut débit devrait en effet progresser de 6 milliards d’euros en 2009 à plus de 11 milliards d’euros en 2011.
Si l’accès mobile à haut débit est appelé à se développer en continu, les réseaux des opérateurs risquent également d’être mis à rude épreuve et d’atteindre leurs limites en termes de capacités. Le niveau moyen de dépenses par abonné étant orienté à la baisse, les opérateurs auront plus de difficultés à justifier une hausse de leurs investissements en infrastructures, et ce malgré la progression de chiffre d’affaires qu’entraînera l’arrivée de nouveaux abonnés. Avec leurs capacités réseau sous pression, certains opérateurs pourraient se trouver contraints de proposer un accès Wi-Fi packagé et de se décharger d’une partie de leur trafic en sollicitant d’autres réseaux. Les opérateurs dotés d’infrastructures filaires seront les mieux à même de faire face à la hausse du trafic. Certains d’entre eux, à l’instar de Telefonica en Espagne, ont déjà lancé une offre incluant l’accès Wi-Fi.
Force est de constater qu’actuellement, le marché de l’accès mobile à haut débit n’est pas homogène d’un pays à l’autre. Au Royaume-Uni, les abonnés bénéficient des tarifs qui, rapportés au gigaoctet, figurent parmi les plus attractifs du marché. Cela s’explique en partie par la vive concurrence que se livrent les cinq opérateurs du pays. Dans le même temps, les abonnés français paient en moyenne deux fois plus chers qu’Outre-Manche.
Le volume de consommation est au cœur du modèle de tarification adopté dans la plupart des pays européens. Plus précisément, les opérateurs facturent un montant forfaitaire jusqu’à un plafond de consommation prédéfini. On observe toutefois que les politiques tarifaires varient, une fois le plafond atteint. En Allemagne, la plupart des opérateurs limitent le débit du réseau (souvent à 50 Kbps). Au
Royaume-Uni, certains opérateurs facturent le volume de données échangées au-delà du plafond tandis que d’autres n’imposent aucune limite stricte.
En Italie, la plupart des politiques tarifaires reposent sur le temps passé, avec une facturation à l’heure ou à la journée. Mais les comparaisons restent difficiles à établir car, dans les faits, les limites de données sont déterminées par le niveau de débit des réseaux. En Italie, les opérateurs devraient s’aligner sur les pratiques de leurs homologues européens à partir de 2010, en introduisant des forfaits avec des plafonds de consommation.
Sur certains marchés, les réseaux dits « challengers » soutiennent la croissance des services d’accès mobile à haut débit. Au Royaume-Uni, 3 souhaite offrir à ses abonnés une expérience d’utilisation résolument axée sur l’échange de données, et non pas seulement sur la voix et les SMS. Les tarifs proposés par cet opérateur en matière de haut débit mobile figurent parmi les plus compétitifs d’Europe. Sur d’autres marchés, les marques « challengers » limitées en couverture-réseau font le choix de la simplicité et du strict minimum en matière de services. Par exemple, Bouygues en France et Yoigo en Espagne communiquent tous deux sur un tarif unique pour leurs services de haut débit mobile.
La concurrence – ou le manque de concurrence – aura un impact décisif sur l’adoption des services de haut débit mobile. Le taux d’adoption élevé que l’on observe au Royaume-Uni est le fruit de la concurrence féroce que se livrent les cinq opérateurs du pays. En Allemagne, la domination de T-Mobile et Vodafone a favorisé l’émergence de concurrents au-delà des circuits traditionnels, avec des services de haut débit mobile désormais proposés en grandes surfaces, dans les cafés ou en pharmacie.
Sur certains marchés, les offres de services prépayées n’en sont qu’à leur tout début et la variabilité du coût d’un compte prépayé rend les comparaisons difficiles. Toutefois, compte tenu de l’engouement actuellement suscité par ces solutions, nous pensons qu’il y aura matière à traiter du prépayé dans la prochaine édition de notre rapport.








