"LeWeb" est devenu, en quelques années, l’événement incontournable de l’internet international en France. En elle-même cette grande messe n’est pas extraordinaire pour les habitués des conférences aux Etats Unis mais le talent des organisateurs a été de le faire à Paris et de réussir à en faire un événement international avec la présence de nombreuses personnalités du web américain.
Comme les années précédentes, on reste un peu déçu par les conférences qui n’apprennent pas grand-chose mais tout cela est largement compensé par le réseautage. On peut en effet croiser des hauts responsables de grandes entreprises du web totalement inaccessibles autrement pour des européens.
Les discussions en aparté sont donc le miel de ce type d’événement et il ne faut pas hésiter à approcher un dirigeant de Google, de Microsoft ou de MySpace. Si c’est fait élégamment ils sont, en général, très ouvert et vous accordent la minute et demi nécessaire à votre pitch. Expérience personnelle cela a fonctionné à chaque fois.
Comme l’année dernière, le lieu choisi est totalement décalé par rapport aux conférences traditionnelles. Cette année c’était au 104, en plein 19ème arrondissement de Paris.

Les locaux étaient parfaits pour ce type de manifestation mais la logistique pêchait un peu. Le premier jour la température ne devait pas dépasser 15 degré et de nombreux congressistes n’ont pas pu déjeuner… Sur ce plan cela ne s’est pas beaucoup amélioré le deuxième jour mais après tout on n’était pas là pour manger. Quoique, entre 1200 et 1700 euros l’entrée, un lunch convenable devrait être possible. Plus ennuyeux la connexion wifi était quasiment impossible et là c’est totalement inadmissible pour ce type de manifestation ou plus d’un tiers des participants vient avec un ordinateur portable ou un appareil communicant. Les allées étaient pleines de congressistes essayant désespérément de mettre en ligne leurs posts.
Le coin des startups réservait également quelques bonnes surprises et la moyenne d’âge des innovateurs est encore descendue avec des étudiants qui arrivent maintenant avec des projets élaborés, discutent tour de table sans tabous mais également avec réalisme. Tout le monde sait que se sera dur mais qu’il y a de belles opportunités à saisir pour les projets sérieux et emmené par une bonne équipe.
Les sociétés de capital risque étaient également présentes et même si certains vous disaient « je n’ai plus d’argent » sur le ton de la plaisanterie avant de vous dire bonjour, il y a encore de quoi financer quelques projets sérieux.
Le thème central, cette année « l’amour » mais les discussions étaient plutôt « business » et beaucoup étaient préoccupés par la crise financière
C’est qu’il va être temps pour les startups qui ont privilégié la croissance de penser à la rentabilité. Cela concerne les petites comme les grosses.

Pierre Chappaz de Wikio nous annonçait par exemple que sa société serait à l’équilibre fin 2008, Freddy Mini, le CEO de Netvibes que son entreprise avait inversé la tendance en 3 trimestre et que l’équilibre était proche. D’autres patrons comme Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de PriceMinister ou Marc Simoncini de Meetic n’ont pas ce souci car leur entreprise est déjà profitable et assis sur un modèle économique solide.

Eric Besson, Ministre secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, a réalisé un exercice difficile en essayant de nous convaincre de l’attractivité de la France dans l’économie numérique. Il a cité notamment le développement des infrastructures haut débits, les efforts réalisés dans les pôles de compétitivité et la formation, dans le bouclier fiscal sur l’ISF etc.
Inutile de préciser que cela n’a convaincu personne et que les quelques patrons ou responsables américains rencontrés qui ne sont pas encore en Europe, ne se posent même pas la question de savoir quelle sera la première implantation européenne c’est l’Irlande.

Christine Lagarde, Ministre de l’Economie, est intervenue en anglais sur un thème proche, un dessin paru sur 20Minute m’a beaucoup amusé ICI. La Ministre est revenue sur le plan de reprise lancé par la France et les mesures prises sur les taxes pour les startups. Elle était une fan de Loïc Lemeur sur la réussite à organiser cette manifestation en France.
Tous s’accordaient pour dire que l’année 2009 serait réellement le test de la viabilité de certains modèles et que tous ceux qui ne saurait pas être, au moins à l’équilibre, disparaitraient. Les survivants seront par contre très bien armés pour la reprise qui devrait permettre aux entreprises du web de renforcer leurs positions par rapport à leurs concurrentes plus traditionnelles, en tout cas pour ceux qui auront réussi à rester indépendantes.

Nikesh Arora, patron de Google Europe, Afrique et Moyen Orient intervenu dans les premiers a anticipé le résumé de cette période en expliquant qu’il y a eu une grande fête mais que le lendemain il y a une gueule de bois.
Mais c’est aussi cela qui nous apprends à vivre.
Un petit reportage photos du web08













