Après, visiblement, d’âpres négociations, c’est le fond américain Carlyle qui a été préféré aux autres investisseurs potentiel pour reprendre 35% du capital du câblo opérateur à Cinven. Le capital est donc maintenant réparti à 35% pour Cinven, 35% pour Carlyle et 30% pour Altice.
Aucune information précise n’a été communiquée sur le montant exact de cette reprise de capital mais le chiffre de 1 milliard d’euros à souvent été évoqué. D’autres informations font état d’une valorisation de 6,5 milliards pour l’ensemble ce qui ferait 2,275 milliards pour les 35%. Il semble peu probable que le fond Carlyle ait déboursé une telle somme pour acquérir un acteur qui n’est pas dans une posture stratégique favorable. Quoiqu’il en soit c’est très inférieur à l’estimation faite par les dirigeants du groupe au moment de la fusion Noos-Numéricâble qui pensaient, à l’époque, pouvoir valoriser l’ensemble près de 10 milliards et racheter Bouygues Telecom, voire Free.
Les ambitions ont été revues à la baisse et la position de Numéricâble vient se confronter au réalités du marché plus porté par les opérateurs ADSL et bientôt par les offres quadruple play que ne manqueront pas de proposer Orange et Neuf-SFR dans les prochains mois. Les acteurs « isolés » n’ayant pas une taille critique risquent donc d’être en fâcheuse posture…
ET c’est tout le problème de Numéricâble qui bien implanté dans l’abonnement à des programmes audiovisuels, son activité historique, peine à s’imposer dans l’accès internet face à des offres couplée téléphonie fixe internet plus compétitive.
L’atout de Numéricâble réside dans la capacité intrinsèque de son réseau de véhiculer des programmes audiovisuel en haute définition ce que ne peuvent pas faire les opérateurs ADSL faute de bande passante suffisante. Les stratèges de Numéricâble ont donc pensé un moment que la HDTV serait une « killer application » permettant d’engranger les abonnements au détriment d’Orange, Neuf et autre Free. Malheureusement le calendrier n’est pas favorable à une stratégie de ce type car les contenus en haute définition ne sont pas encore assez nombreux pour que l’offre soit réellement attractive. Les chaînes de télévision ne sont pas encore en HD et lorsqu’elles le seront ne le seront pas en full HD et donc l’intérêt d’être abonné au câblo opérateur perd tout son intérêt concurrentiel.
C’est donc la stratégie même des investissements dans Numéricâble qui est à revoir pour les actionnaires. La polémique autour de la propriété du réseau câblé que réclament les communes française accentuant encore le risque sur la valorisation du groupe. (Sac de noeuds autour de la fibre et du câble)
C’est donc bien une sortie par le bas que vient de faire Cinven et si le montant de l’investissement n’a pas été communiqué c’est qu’il doit être défavorable à l’estimation de la valeur de Numéricâble.
Restera à suivre attentivement l’évolution du marché avec le rachat de Neuf Cegetel par SFR qui donne un nouvel acteur de taille et de périmètre d’activités apte à rivaliser avec France Telecom. Free et Bouygues Telecom devront donc combler leur manque de position l’un pour le mobile, l’autre pour l’accès internet et le fixe. Le rachat des infrastructures de Club Internet à Neuf Cegetel devrait permettre à Bouygues Telecom de proposer une offre de FAI à condition de pouvoir rattraper les 3 leaders. Quand à Free s’il obtient la 4ème licence mobile il pourra déployer à loisir un réseau mobile en 3G voire en Wimax avec Hand Over. Cela ne fera qu’isoler un peu plus Numéricâble qui se retrouvera bien seul avec un réseau peu adapté aux transferts de données et un parc d’abonné ridiculement faible par rapport aux 4 autres concurrents. Ce n’est pas l’accord MVNO signé avec Bouygues Telecom qui lui donnera l’accès au quadruple play et le niveau d’intégration technique nécessaire pour l’interconnexion des services.
Le parcours pourrait être un peu plus difficile pour Bouygues Telecom car le taux de churn semble un peu plus élevé sur le mobile que sur l’abonnement ADSL et si Free obtient sa licence mobile il pourrait recevoir l’appuie d’un grand opérateur européen comme Deutsche Telekom.
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