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Le groupe d’édition américain Ziff Davis est en faillite, incident isolé ou tendance structurelle ?

jeudi 6 mars 2008, par Christian Jegourel
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Ziff Davis est un éditeur très connu aux Etats-Unis et l’un des premiers à avoir parié sur l’internet et avoir créer des magazines dédiés.

L’éditeur vient de se placer sous la loi de protection US du chapitre 11 qui permet d’éviter une faillite immédiate en gelant les crédits en cours. Tout n’est donc pas perdu pour Ziff Davis même si la situation n’est pas bonne.

Mais c’est surtout les raisons de cette faillite qui sont intéressantes car elles pourraient laisser penser à des évolutions structurelles du secteur et non un incident isolé pour la presse.

Dans les documents remis aux autorités afin d’être placé en « Chapter 11 », Ziff Davis explique, entre autre, que les raisons de sa situation sont à trouver dans la mauvaise évolution du secteur de la publicité en 2007 pour la presse traditionnelle.

Ziff Davis précise que pendant le début de l’ère internet les startups ont investis massivement en communication ce qui s’est traduit par des revenus annuels de plus de 500 millions de dollars dans les premières années. Rien qu’en publicité le groupe à généré 215 millions de dollars de recettes en 2001. Cette manne s’est drastiquement réduite en 2007 à 40 millions.

Pendant la même période le groupe a dû faire face à des vagues massives de désabonnements à ses titres papiers alors qu’internet devenait le média principal d’information dans le secteur des technologies.

Cela c’est traduit par un déclin des revenus totaux du groupe de 300 millions en 2001 à 76 millions en 2007.

Le groupe Ziff Davis semble avoir été frappé plus vite que d’autres groupes de presse car ses publications traitaient majoritairement de technologies de l’information et c’est naturellement ce premier type de contenus qui ont migré sur Internet. Quoiqu’il en soit cela reflète les prémices de la migration des consommateurs vers les média en ligne et la consommation à la demande.

On achète plus un « package » de contenus mais on lit uniquement ce qui nous intéresse. Difficile dans ce cas d’adopter le même modèle économique et de rentabiliser une rédaction avec la même audience potentielle que sur le papier. Avec des tarifs publicitaires sur internet 20 fois inférieurs à ceux du papier, à audience similaire, cela devient totalement impossible et explique largement la raison pour laquelle les éditeurs traditionnels peinent à migrer sur internet.

Quel responsable va expliquer à ses actionnaires que la migration en ligne est nécessaire mais que les revenus vont être divisés par 10 à 20 sans que les coûts fixes puissent s’adapter en conséquence ?

Il est préférable d’essayer au maximum de maintenir les revenus du papier et de créer des structures parallèles…

La question est de savoir quel sera le périmètre des groupes d’édition dans dix ans et ce métier ne sera pas un sous produit d’activités plus larges comme l’abonnement internet ou mobile à l’instar de ce qui se passe pour la musique devenu un produit d’appel.

En tous les cas une réflexion importante à mener pour tous les acteurs de cette chaîne de valeur depuis les éditeurs eux même mais également dans les processus de formation des journalistes.

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jeudi 6 mars 2008, par Christian Jegourel
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