Olivier Gobet, fondateur de GD6D , que j’avais rencontré lors d’un Wordcamp en mai, était lundi de passage à Paris. J’en ai profité pour en parler avec lui qui est à la pointe de l’utilisation du CMS WordPress.
FranckPerrier : Bonjour Olivier, j’ai du mal à penser que le développement de certains sites internet passent maintenant par des CMS comme celui de WordPress. Nous ne parlons pas de blogs - très nombreux - , n’est ce pas ?
Olivier Gobet : En effet, nous parlons de création de sites internet, pas de blogs. Ces sites couvrent beaucoup de situations : sites institutionnels, sites de PME comme des restaurants prestigieux, cabinets de professions libérales, municipalités.
FP : En quoi le CMS WordPress par exemple est il différent de la solution « blog » de ce même WordPress ?
Le concepteur va le détourner en CMS pour créer des pages fixes et de l’actualité avec la facilité d’utilisation d’un blog. L’actualité viendra en complément de l’information principale qui sera le service du site. La partie blog sera traitée en mode secondaire. Au final, on est sur un site totalement classique .
FP : Connais tu de gros sites développés avec des CMS tel que ceux évoqués ?
Oui, Il y en a énormément . Par exemple le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche utilise SPIP.
FP : Alors, qu’est ce qui a changé ces dernières années pour favoriser le développement des CMS ?
OG : Il y a à la fois normalisation et standardisation dans la création de sites. Il y a eu beaucoup de premières expériences. Les clients ont maintenant compris comment un site fonctionne : mise à jour rapide du contenu, mise en ligne de formulaires, commentaires de la communauté sur l’actualité, suivi de fréquentations, facilité de mise en ligne du multimédia (photo, vidéo, son), possibilité de mettre des liens.
FP : Que veux tu dire par normalisation ?
OG : Il y a une normalisation au niveau de l’ergonomie. Il y avait beaucoup de créativité mais la navigation pouvait être déroutante. On pouvait arriver sur un site et se demander quel est le mode d’emploi. La normalisation permet d’accéder à l’information facilement : menus horizontaux et verticaux, les formats de colonnes.
D’autre part, on pouvait auparavant privilégier une expérience graphique unique. Aujourd’hui, le site est tourné vers le contenu. L’idée de transposer le contenu d’un journal papier au site web n’est plus d’actualité. On sait que l’internaute lit spécifiquement un écran. Les systèmes d’ eyetracking ont permis de connaître ces nouvelles normes d’écriture : Par exemple, les internautes lisent les quelques premières lignes d’une page web et ensuite “scannent” le restant de la page à la recherche d’information.
FP : …et la standardisation ?
OG : Par ailleurs, il y eu effectivement standardisation. Au début, cela partait dans tous les sens. Le résultat pouvait être le même, mais la façon d’y arriver différait. Le code HTML, derrière la création des sites, est standardisé du fait de l’édiction de règles par un consortium le W3C (World Wide Web Consortium). Si on s’y conforme, on est certain que tous les nouveaux outils qui seront développés accepteront la conception de son propre site. C’est très important car il y a différents niveaux de lecture et ces niveaux sont optimisés pour tous. Or auparavant, on optimisait pour un support de consultation, Netscape ou Explorer. Ces standards sont maintenant valables pour les navigateurs alternatifs, ceux des mal-voyants par exemple. Si on fait un site qui répond aux standards, les mal-voyants pourront lire votre site.
FP : Comment les clients perçoivent ils ces évolutions ?
OG : Aujourd’hui les internautes accèdent au site en passant par les moteurs de recherche. Ils n’envoient pas nécessairement que à la page d’accueil du site. Il faut arriver sur la page précise à laquelle leur demande doit répondre.
Beaucoup de clients se sont rendus-compte que leur site n’était pas visible sur internet. Il ne leur apportait pas tout le potentiel qu’ils espéraient. Pour deux raisons, le site était mal construit donc mal référencé et le site n’avait d’autre vocation que d’être présent sur internet. On ne fait plus maintenant de site sans avoir des objectifs très précis : déclencher un RDV téléphonique, faire découvrir une gamme produit. Par exemple, si on veut que les internautes téléphonent, on va mettre sur toute les pages, un bouton « si vous voulez téléphonez, cliquer ».
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