Aujourd’hui, le standard GSM/UMTS règne en maître sur la planète télécom et offre aux équipementiers européens (Nokia, Ericsson, Alcatel-Lucent) une position internationale dont ils ne pouvaient que rêver il y a 15 ans, lorsque Motorolla et Lucent faisaient la loi. On ne peut sous estimer l’importance de l’activité normalisatrice dans la compétition industrielle et technologique.
Or l’industrie européenne, à peine installée dans le rôle de leader mondial au tournant du siècle a vu surgir une nouvelle menace venue du monde de l’informatique américaine, le WI-FI.
Deux sphères autrefois séparées du monde industriel sont en train de se rapprocher dramatiquement, l’informatique et les télécommunications. J’accorderai volontiers au lecteur que ces deux mondes n’ont jamais été très lointains. Au fur et à mesure que la puissance des réseaux de communication augmente la pertinence du modèle PC-Applications incarné par le couple Intel-Microsoft tend à devenir de moins en moins évidente. En effet, si l’on peut être connecté partout, pourquoi avoir besoin d’un PC puissant alors que l’on peut bénéficier de ressources de puissance et de stockage mutualisées pour un coût de plus en plus faible et, surtout sans avoir besoin de s’en occuper.
Chaque amélioration de la puissance et de l’universalité des réseaux de communication tend à affaiblir la puissance de ce modèle. Or la 3G, la fibre optique, et la mise en oeuvre de la convergence sont en train de multiplier très rapidement non seulement les accès au réseau mais aussi le débit disponible. Pour contrôler le processus l’industrie américaine devait nécessairement s’intéresser au monde de la communication qui conditionne son avenir en tant qu’industrie, le fruit de cet « intérêt » est le standard WI-FI. Les bonnes fées Microsoft et Intel se sont penchées sur le berceau de ce standard auquel nos PC font maintenant massivement appel pour communiquer en utilisant les système d’exploitation Microsoft. Le succès initial de la manoeuvre peut sembler complet même les opérateurs de la vielle Europe utilisent ce standard pour leurs premières offres convergentes.
Le panorama concurrentiel va pourtant bientôt changer radicalement, le Femtocells (HSPA) arrive. Celui-ci est une adaptation des standard GSM/UMTS sur les derniers mètres entre l’interconnection physique chez le client et ses appareils communiquant par ondes, prosaïquement tout le monde aura chez lui sa petite antenne GSM/UMTS. Le Fem to Cell permet de remplacer toutes les Box équipées d’émetteur WI-Fi et d’unifier le standard de communications quelque soit le point de liaison, autrement dit toute communication sera régulée par le standard GSM/UMTS y compris deux PC communiquant entre eux à domicile. Plus besoin de vérifier si un téléphone est à la fois WI-FI et GSM, bientôt nos PC intégrerons des cartes à puces et seront identifiés d’eux mêmes sur le réseau comme le sont nos portables, quelle source d’économie et de simplification ! D’ores et déjà, en France, France Telecom et SFR considèrent non pas l’opportunité de migrer mais le calendrier pour le faire. Alcatel, Thomson et Sagem se préparent fébrilement à cette adaptation.
Il n’y aura bientôt plus qu’un standard de communication par onde, en Europe et dans la plus grande partie des terres émergées. Microsoft, qui tente d’imposer ses systèmes d’exploitation au monde du mobile via son alliance avec Nokia, est en train de se plier à l’avance à cette nouveauté, tout comme Intel qui ne peut faire l’impasse étant donné la taille du marché concerné. Autrement dit la force du standard GSM/UMTS est aujourd’hui telle que même les promoteurs d’une norme partiellement concurrente rejoignent son camp, sans avoir eu leur mot à dire quant à son établissement et aux technologies employées. Il faut dire que microsoft pouvait difficilement faire l’impasse sur l’équipement de 2,8 milliards de termineaux GSM/UMTS.
La mort du WI-FI est donc programmée à court terme, c’était probablement le prix à payer pour entrer vraiment dans la 4G.








