Alors que le groupe Metro dans son ensemble annonce des pertes ou des cessations de parution dans plusieurs pays, son concurrents 20 Minutes peine à trouver un modèle économique stable.
Et cela pose toute la question de la presse papier car même si la diffusion des gratuits les places parmi les premiers titres, notamment en France, les pertes affichées soulèvent de nombreuses question sur la viabilité du modèle.
D’après Schibsted, maison mère de 20 Minutes associée à Ouest France dans l’hexagone, 20 Minute France aurait des revenus de presque 8 millions d’euros pour le 3ème trimestre 2009 mais plus de 2 millions de pertes opérationnelles.
Ce n’est donc pas l’intérêt de la presse papier ou la qualité des contenus qui est remis en cause mais bien la viabilité d’un modèle économique basé sur des revenus élevés pour financer la création de contenus.
En gros les consommateurs sont prêt à lire la presse papier si elle est gratuite mais les revenus publicitaires, même sur le papier, sont insuffisants pour faire vivre le modèle.
Prolongé sur le web c’est encore pire car les revenus en ligne sont très inférieurs à ceux du papier et sont totalement incapables de financer une rédaction.
Les initiatives des pures players comme Rue89, AgoraVox ou Bakchich sont là pour nous démontrer la difficulté d’atteindre la stabilité économique même si le succès de l’audience est au rendez vous. D’autres pure players font appels aux dons ou mettent en place de l’abonnement à des espaces premiums mais il est encore trop tôt pour dire si cette initiative sera pérenne.
La question reste donc entière : comment financer de la production de contenus avec des revenus très bas ?
J’ai déjà tenté de répondre à ce paradoxe et je vous rappelle les 3 pistes imaginées :
le massivement multi supports : amortir sur de très nombreux points de contacts (sites web, radios, TV, suppléments papiers etc ...) les coûts de création de contenus
avoir un modèle ultra lox cost : les revenus sont faibles donc les coûts doivent être faible. Ce modèle ne convient pas à la production de contenus d’information généraliste, plutôt orienté magazines
s’intégrer dans les bouquets contenus/services des FAI. Nécessite des négociations avec des acteurs qui n’en sont pas encore à chercher à se différentier de cette manière à part Orange.
La première piste pose naturellement le problème de la concentration des actifs médias au sein d’entreprises importantes probablement internationale. Mais si les revenus des titres de presse continuent de chuter il faudra bien se résoudre à laisser s’opérer des concentration au risque de perdre définitivement des titres de presse et de devoir s’informer au travers de publication de groupe comme News Corp ou Mondadori.
Je n’ai rien contre ces deux groupes mais je préférerais avoir des journalistes nationaux qui parlent des problèmes français. Question de culture.
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