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Les législations anti trust en Europe vont détruire l’industrie culturelle du vieux continent

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mercredi 8 juillet 2009, par Christian Jegourel
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cell phone wallpapers par Anderson Walbert

C’est un titre provocateur certainement exagéré mais qui pourrait se révéler exact si nous n’adoptons pas un pragmatisme de rigueur que semble avoir pris nos amis américains.

Qu’en est-il ?

La prolifération des accès aux œuvres numériques rend difficile, voire impossible, la conservation d’un modèle encadré par pays, par chronologie des médias et « garantissant » la pluralité de la culture en empêchant la création d’acteurs de grandes tailles pouvant avoir une action trop globalisante sur la production de contenus.

Résultat, nous n’avons pas en France d’acteurs pluri-supports de tailles significatives pouvant produire et diffuser des contenus couteux sur de multiples points de contacts consommateurs (presse, radio, TV, web …).

Ces dispositions vertueuses, issues d’une époque où internet n’existait pas, semblent aujourd’hui dépassées et les américains pourraient bien accroître, encore, leur domination dans les contenus en se nourrissant de nos législations dépassées.

Le dernier exemple en date nous vient de Grande Bretagne ou la législation antitrust est en train de bloquer une initiative commune à plusieurs groupes de communication visant à créer un concurrent local à Hulu.
Le projet Kangaroo, c’est le nom de code, rassemblerait BBC/ITV/C4 pour créer un site de VOD commercial. La loi antitrust britannique juge illégale cette concentration et Hulu, qui a déjà annoncé son intention de s’implanter en Grande Bretagne, en serait le grand gagnant.

Ce n’est pas sans ressembler aux problèmes que nous rencontrant en France avec nos lois sur les droits d’auteurs.
Cela fait plusieurs fois que je m’insurge contre ces protections dépassées qui, si elles ont favorisées le pluralisme dans la production des contenus et la survie de « petits » producteurs français, risquent maintenant de se retourner contre la culture francophone.

Nous assistons aujourd’hui à la mise en place progressive de nouveaux modes de distribution des contenus qui rendent caduques tous les mécanismes de financement et de diffusion. Les producteurs américains ont bien compris que malgré leurs multiples tentatives pour contrer le téléchargement ou plutôt le partage illégal de contenus le combat était perdu d’avance.

Les séries à succès sont maintenant diffusées simultanément sur les côtes Est et Ouest malgré le décalage horaire de 3h car les studios ont découvert que les californiens pouvaient visionner en streaming ou en téléchargement des séries diffusées « on air » sur la cote est moins d’une heure plus tard. Pragmatique ces ricains.

Hulu, la plateforme commune de News Corp, de NBC et maintenant de Disney ou le nouveau projet EPIX qui vise ni plus ni moins la diffusion simultanée de contenus worldwide sont conçus pour répondre à ces nouvelles formes de diffusion.

Je ne pense pas que les studios soient ravis de voir une grosse partie de leurs revenus détruits par ce phénomène. Car avec ce type de plateforme il ne sera plus possible de pré-vendre des séries à des diffuseurs dans le mode entier. Impossible donc d’engranger le cash flow nécessaire avant le premier « tour de manivelle » sitôt le pilote de la série terminé. Mais encore une fois avec ce pragmatisme qui les caractérisent, ils ont compris que l’avenir était de prendre en compte efficacement les tendances de fonds de l’ère de la communication globale et ubiquitaire.

Les seuls capables de répondre à cette évolution seront donc les groupes de production fortement capitalisés, capables d’investir sur des contenus dont les retour sur investissement se feront au fil de l’eau (la longue traine pour certains).

Je vous laisse imaginer le scénario pour les producteurs de série français si T1, M6, France 2 ou Canal+ les rémunéraient en fonction de l’audience juste après la diffusion … en fin de mois à 60 Jours…
Bref plus un seul producteur indépendant.

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Nous avons pu protéger notre industrie des contenus car les moyens de diffusion étaient facilement contrôlables : TV encadré par la loi, VOD, location de DVD etc... Avec la progression des capacités de réseaux internet, encore lents et avec des coûts de bande passante élevés, la généralisation de la diffusion de contenus vidéo sur IP n’est pas encore totalement une réalité. Mais ne nous y trompons pas c’est une question de moins de 10 ans peut être même 5.

Avec ces perspectives, comment accepter qu’une chaîne de télévision qui finance quasi intégralement certaines production n’en soit pas totalement propriétaire ? Je rejoins largement dans ce sens, les propos de Nonce Paolini, sur ce sujet, qu’il a encore exprimé lors de la journée sur la création TV le mois dernier.

C’est un suicide collectif pour les groupes de médias qui ne peuvent acquérir suffisamment de droits exclusifs et un virus d’autisme pour les producteurs qui devrait plutôt chercher à se fédérer en groupes puissants.

Lorsque l’on passe d’un mode semi artisanal à un modèle industriel il y a toujours un peu de remous mais les secteurs d’activité qui n’ont pas anticipé ces basculements ont tous disparu ou se sont déplacés dans des pays plus favorables à leur modèle organisationnel.

Il faudrait donc qu’au-delà des mots et des gesticulations comme nous en avons encore sur la chronologie des médias (accord ridicule signé hier) qui est, certes, à peu près consensuel mais ne satisfait personne, nous mettions en place des lois vraiment en phase avec les évolutions.
Il est sûr que le changement, quel qu’il soit, favorisent certains et peut être très défavorable à d’autres mais les facteurs de changement sont déjà présents et la France ne pourra pas être le village Gaulois des contenus. La ligne Maginot de l’Internet est facilement contournable, la Chine et l’Iran le découvre actuellement.

Même si c’est difficile à accepter pour une partie de l’industrie des contenus qui va perdre inévitablement dans cette affaire, il faut avancer car sinon nous serons mis devant le fait accompli sans avoir préparé nos groupes de médias et dans quelques années la totalité des contenus consommés en France pourraient venir d’outre atlantique, à l’instars de la quasi totalité des produits bruns fabriqués aujourd’hui en Asie du sud est.

Il n’y a pas de fatalité, "Le futur prend racine dans le présent" c’est la base line de mon blog EdgeMinded qui signifie qu’il faut anticiper car il n’y a pas de fatalité il n’y a que de l’absence de vision. Si au lieu de se concentrer sur des normes dépassées au début des années 90, Thomson et Phillips auraient probablement pu rester compétitif face à Samsung et LG et nous aurions des groupes puissants au lieu d’entreprises condamnées au déclin. Et dans ces affaires les responsables politiques sont souvent complices à leurs insu par incompétences le plus souvent sur les sujets traités.

Revenons à la création de contenus.

Je lisais encore récemment qu’un groupe français leader dans la conception de jeux vidéo (Ubisoft) allait créer 800 emplois au Canada. Pourquoi de pas créer ces postes en France ?
Inutile de fustiger les dirigeants français de ce groupe familial, ils ont parfaitement raison de la faire au Canada compte tenu de la faible compétitivité de notre pays dans ce type d’activité.

Il faut donc que la France prenne pleinement conscience des mouvements de fonds liés à la globalisation des économies qui sont encore plus prégnant dans la création de contenus qui se diffuse de manière immatérielle. Si nous ne réagissons pas et n’adaptons pas notre industrie et nos lois, nos enfants consommeront des contenus issus de quelques rares groupes européens multi supports comme Bertelsmann (Freemantle) ou des médias de Berlusconi et de quelques grands acteurs mondialisé de la production (Endemol)

mercredi 8 juillet 2009, par Christian Jegourel
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