Si les Majors sont toutes en faveur de la protection des œuvres avec des DRM dans le but de maintenir leur modèle économique, les labels indépendants sont plus favorables au développement d’un modèle économique qui permette aux nouveaux artistes d’émerger.
En effet, le principal argument des Majors est que pour produire un artiste à succès, il faut investir massivement dans la recherche de nouveaux talents et que peu d’entres eux émergent pour rembourser les frais. Les artistes installés et gagnant bien leur vie sont évidemment favorables à la continuité du système actuel qui pérennise la « rareté » de grandes stars qui rapportent beaucoup d’argents aux producteurs.

A l’inverse, de nouveaux artistes, comme Artic Monkeys, profitent de la popularité de sites de diffusion comme MySpace ou YouTube pour se faire connaître et ensuite commercialiser leurs œuvres. Leur discours est qu’avant de vouloir monétiser leurs productions, il faut être connu et que le circuit « élitiste » des majors ne permet pas la diversité. D’autres sont passés directement à la diversification des revenus en revendiquant que le téléchargement de leurs titres sur les systèmes de peer to peer ne leur rapporte rien, mais que cela leur permet de se faire connaître et d’organiser des concerts payants et de vendre des produits dérivés et des collectors. C’est peut-être là que se trouve la solution mais on peut comprendre que les professionnels qui ont été habitués à percevoir des rémunérations importantes soient réticents à ce nouveau modèle.

C’est néanmoins la tendance de fond initiée par Internet qui détruit de la valeur sur tous les secteurs de l’intermédiation de services. Cela est clair pour les grands médias et en premier lieu pour les magazines et les journaux, cela devient une évidence perturbante pour les télévisions. L’âge d’or des médias tous puissants et concentrés est mis à mal par la facilité de distribution d’Internet et l’UGC. Les modèles élitistes et très rémunérateurs sont peut-être en train de tomber. Les artistes il y deux ou trois siècles étaient d’ailleurs beaucoup moins rémunérés. Peut-être que l’histoire est en train de s’équilibrer. La starisation et le marketing à outrance ont peut être atteint leurs limites ?
Le regroupement de certains labels indépendants pourrait mettre un terme à l’hégémonie des majors car avec le potentiel de grands sites de diffusion et une marque commune pour la promotion, les artistes indépendants vont pouvoir se faire connaître plus facilement.
Reste à voir quelle sera leur position lorsque quelques stars émergeront et si à ce moment là ils ne seront pas tentés de repasser au système actuel plus rémunérateur ?

Le nouveau groupe qui se revendique comme la cinquième « major » se nomme Merlin et son patron, Charles Caldas, est un professionnel de l’édition indépendante en Australie.
Il n’hésite pas dire que l’apartheid organisé par le copyright ne permet pas aux artistes d’émerger en dehors du monopole des majors.
Charles Caldas annonce clairement que Merlin sera une organisation à but non-lucratif basée à Londres. Elle souhaite clairement se développer sur de nouveaux modèles économiques qui tiennent compte de la dématérialisation des contenus et de l’économie Internet ainsi que des capacités de distribution en ligne.
Merlin va permettre à des milliers de labels indépendants de commercialiser les titres de leurs artistes à travers de sites comme MySpace ou YouTube. Cette initiative s’appuie sur les services de Snowcap et surtout son service MyStore pour mettre en place des fonctions de téléchargement sur des sites de communauté. MySpace a déjà signé un accord avec Snowcap et devrait mettre en place rapidement ce service pour ses internautes.
Les titres seront commercialisés au format MP3 et lisibles par tous les lecteurs du marché, y compris l’iPod. L’accord est en vigueur dès maintenant et applicable à tous les membres de Merlin.
Cela va permettre à ces labels indépendants d’accéder à un marché potentiel considérable. Les labels indépendants représente 30% de la musique vendue dans le monde, le reste étant commercialisé par les Majors (Universal Music, EMI, Sony BMG et Warner Music Group).
Il devient en effet urgent pour cette industrie de réagir intelligemment à l’évolution et de se réinventer. Malgré les progrès technologiques dans la protection des œuvres, toutes les DRM sont régulièrement contournées par des hackers et il semble qu’aucun système ne soit inviolable. Bill Gates a d’ailleurs reconnu récemment que c’était une guerre perdue et qu’aucun système de protection ne serait jamais inviolable.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
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