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Neuf Cegetel et France Telecom relancent la question de la licence globale

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mardi 21 août 2007, par Christian Jegourel
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L’offre de téléchargement illimité lancée cette semaine par Neuf et celle en préparation de France Telecom nous amène inévitablement à nous poser la question de la monétisation des contenus musicaux dans l’économie numérique.

Si l’industrie musicale a connu une période de prospérité, l’arrivée d’internet et du téléchargement en peer to peer entre les internautes pose la question de la valeur d’un contenu immatériel pour le consommateur.

C’est toute l’industrie de l’intermédiation musicale qui est en jeu et celle de l’intermédiation des contenus en général. La licence globale est-elle en train de devenir effective ?

La première réaction de ces industries a été naturellement d’essayer de se protéger en élevant le maximum de barrières juridiques et en s’appuyant sur une législation de droits d’auteur issue du monde pré internet.

Avant le online, le seul moyen de commercialiser un contenus audiovisuel passait soit par un support physique soit par une diffusion encadrée (radio, TV…). Dans ce contexte rien de plus simple que de mettre en place un modèle économique très figé.

La prise de conscience de l’impossibilité de protéger efficacement les contenus immatériels poussent les différents acteurs à rechercher de nouveaux modèles économiques. Les offres de NeufCegetel et de FranceTelecom vont dans ce sens en introduisant la notion de consommation « illimitée » au forfait. C’est certainement encore inadapté aux enjeux que proposent l’accès ubiquitaire aux contenus mais c’est déjà une étape dans la mutation à laquelle doivent se soumettre tous les acteurs de la chaîne de valeur des contenus.

Pour bien comprendre il faut accepter le postulat que la protection des données numériques est, pour le moment, impossible et que rien n’empêchera un internaute de pouvoir accéder à des contenus gratuits mis en ligne bénévolement et au mépris des droits, actuels, des auteurs ou des producteurs.

Cette situation sera, bien sûr, amenée à évoluer dès que l’accès aux contenus sera permanent et que les réseaux de communication fixes et mobiles seront unifiés (voir : Imaginons nous en 2016, écris il y a déjà 18 mois).

En attendant que nous réserve Neuf et Orange ?

Pour Neuf il s’agit de se démarquer le plus vite possible de Free dans l’offre commerciale et sa filiation avec UniversalMusic dans Vivendi le sert bien. C’est donc naturellement avec cette « Major » que Neuf a signé un accord exclusif sur 6 mois pour pouvoir diffuser de la musique à ses abonnés de manière « illimitée » mais encadrée.

Universal cherche, comme les autres, une nouvelle voie et a déjà expérimentée des offres originale : Universal Music propose du téléchargement gratuit financé par la pub. Quelles conséquences pour la chaîne de valeur ? mais il n’y a pas de retour d’expérience communiqué. Par ailleurs la Major va tester la vente de contenus sans DRM : Universal va tester la vente de musique sans DRM, sauf sur Itune

Il y a deux offres, l’une incluse dans le forfait de base, vous avez noté que je n’ai pas écrit « gratuite », l’autre payante à 4,99€ par mois. Dans les deux cas l’accès aux contenus musicaux ne peut se faire que pendant la durée d’abonnement aux services de Neuf. Si on résilie son abonnement on perd sa médiathèque.

La première offre est assez limitée puisqu’elle permet d’accéder à un thème musical uniquement (pop, rock, jazz…), la seconde ouvre l’accès à tous le catalogue diffusé sur Neuf, soit une partie du catalogue d’Universal.

L’accès à ses contenus est protégé par des DRM Microsoft et n’est pas accessible sur Mac ou machine sous Linux. Il reste d’ailleurs à tester le transfert de ces morceaux sur un lecteur MP3.

Le FAI reverse ensuite un montant non divulgué à la Major en fonction des téléchargements enregistrés sur son service. Il s’agit donc d’un système hybride où le consommateur paye un droit d’usage forfaitaire et où le fournisseur du service paye un coût à l’acte. Pas sûr que cela tienne très longtemps mais ça a le mérite de poser la vraie question de la monétisation de la musique.

Comme je l’ai souvent écris, dans un futur proche l’essentiel des revenus des artistes proviendra des produits dérivés et des concerts. C’est déjà le cas aux Etats-Unis où les artistes les mieux rémunérés tirent leurs revenus de leurs licences sur des marques de vêtements ou des services.

France Telecom ne pouvait que réagir à une offre de ce type et devrait proposer un service similaire avant fin 2007. Comme avec Universal c’est bouclé pendant 6 mois, ce sera avec les autres majors. Nous devrions donc avoir une offre proche de la part d’Orange dans les mois qui viennent. Comme il faut faire plus lorsque l’on arrive en second, Orange devrait étendre cette offre à tous les forfaits Orange : ADSL et mobile. Reste à voir les conditions d’accès…

Conclusion, lorsque l’on connaît la simplicité avec laquelle on peut télécharger de la musique sur Internet, ce type d’offre, même s’il va dans le sens de l’histoire est encore trop éloigné des réalités.

Il sera néanmoins intéressant de suivre l’évolution de ce type d’offre qui entre en concurrence directe avec celle des spécialistes comme Itune ou le FNAC. Aux Etats-Unis, Viacom, à travers sa filiale MTV et son service Urge, avait proposé un service équivalent qui va bientôt être stoppé car c’est un échec commercial. Viacom va s’appuyer sur RealNetwork pour mieux concurrencer Apple et Microsoft Zune.

Je suis curieux de connaître la position du groupe de travail sur ce sujet initié par Nicolas Sarkozy et piloté par le PDG de la FNAC, Denis Olivennes. J’en profite pour dire que faire piloter un groupe de travail sur le téléchargement et les droits d’auteurs par un responsable de l’industrie de la distribution n’est peut être pas une méthode impartiale. Quelles que soient les compétences de l’individu qui indéniablement à l’expérience du sujet venant auparavant de l’industrie des contenus. Il y a, pour moi, un conflit d’intérêt, un peu comme si on demandait à un responsable de l’industrie des « sciences de la vie » de nous préparer un rapport sur les OGM.

Quoiqu’il en soit cela permettra de débattre de ce sujet d’obliger les différents acteurs à se poser la question de manière, espérons le, concrète.

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mardi 21 août 2007, par Christian Jegourel
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