Petite introduction sur la publicité en ligne
Actuellement, il existe deux grandes façons de faire de la publicité sur le net :
Acheter des mots clés : chez Google, ce sont les fameux Adwords
Faire de la publicité contextuelle au contenu des pages web : toujours chez Google, il s’agit du système AdSense
Mais le système AdSense de Google fait l’objet de nombreuses critiques. Les annonceurs lui reprochent plus particulièrement deux éléments :
La non pertinence de la publicité contextuelle.
Le système AdSense se charge de faire de la publicité pour un annonceur sur son réseau. En théorie, les sites publiant l’annonce ont un rapport affinitaire avec le site de l’annonceur. Mais de nombreux annonceurs découvrent qu’en réalité le système de publicité contextuelle est loin d’être au point. Bien souvent, leur publicité est placée sur des sites n’ayant aucune relation avec leur activité.
Le manque de transparence de la gestion des campagnes.
Google est ce que l’on appelle un “blind network”. C’est-à-dire que les annonceurs n’ont aucune visibilité sur la campagne publicitaire pour laquelle ils ont pourtant payé Google. Ils ne savent pas sur combien de sites sont publiées les annonces, ni quels sont ces sites. Pour sa défense, Google indique que les annonceurs ne payent que lors d’un clic renvoyant vers leur site et qu’ils n’ont pas besoin de toutes ces informations.
En clair, Google profite de son statut de géant du web pour s’immiscer entre les annonceurs et les sites véhiculant la publicité. Google fait tout pour avoir le contrôle de cette relation et entretient l’opacité du système.
Un nouveau modèle de publicité en ligne
Mais c’était sans compter sur le nouveau venu Quigo. Créé en 2000 à New-York et comptant 70 personnes, Quigo s’était auparavant lancé dans les moteurs de recherche avant de proposer un nouveau modèle de publicité online. Quigo met une plate-forme à disposition de ses clients leur permettant de gérer leurs relations avec les annonceurs ou avec les sites publiant de la publicité.
A la différence de Google, le contrôle de la relation revient alors aux parties concernées et le système est une aide à la décision pour la gestion des campagnes. Un annonceur pourra par exemple choisir le site, et même les pages du site, sur lequel il souhaite que son annonce soit publiée. Il pourra également indiquer la date d’annonce souhaitée, le niveau de prix qu’il est prêt à mettre et la forme que l’annonce devra prendre. Car, outre la gestion de campagne, Quigo permet aussi de gérer l’apparence de son annonce et offre même des conseils à ses clients pour optimiser leurs gains.
Quigo est bien entendu doté d’un moteur pour rechercher les sites en fonction de leur domaine d’activité et des mots clés qui y sont associés. Les annonceurs ont donc le choix entre une campagne de publicité ciblée et du mass media. De même, les sites souhaitant trouver de nouveaux revenus grâce à la publicité peuvent commercialiser leur publicité sous leur propre nom. A l’inverse, avec Google, la mention “Ads by Google” indique clairement le contrôle du géant.
Avec Quigo, les sites partenaires deviennent donc en quelque sorte des agences de publicité. Et ils ont eux aussi accès aux informations leur permettant de savoir quels sont les annonceurs intéressés, quelles sont les pages les plus demandées, quel est le niveau d’enchères,... En résumé, Quigo offre aux annonceurs et “publicistes” la possibilité de contrôler leurs relations et de cibler au mieux leurs campagnes de publicité.
Un modèle qui attire du monde
Même si Google se refuse à voir Quigo comme un concurrent sérieux, un nombre croissant de clients, et non des moindres, adoptent le système Quigo.
On peut citer par exemple Forbes,, Cox Newspapers ou ESPN qui vient de quitter le système Yahoo ! (deuxième acteur de la publicité en ligne derrière Google). Quigo vient aussi de passer un partenariat avec Pixsy, un moteur de recherche de photos et de vidéos. Le but serait de pouvoir intégrer la gestion des publicités visuelles à la plate-forme.
Sur le plan financier, Quigo a le soutien de plusieurs VC parmi lesquels Steamboat Ventures, le fonds d’investissement de Disney.
Publicité contextuelle : un marché en devenir
La publicité contextuelle n’a généré “que” 2 milliards de dollars en 2006, représentant seulement 13% du marché de la publicité en ligne. Le mode le plus plébiscité étant l’achat de mot clé. Mais si désormais les sites peuvent contrôler la relation avec leurs clients ou leurs fournisseurs et qu’ils disposent d’une plate-forme de gestion de campagne efficace, nul doute que ce modèle publicitaire a de beaux jours devant lui.
Youri Regnier Googlinside
Voir aussi les articles du New York Times et de CNN







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