
Nokia a annoncé avoir racheté les parts des autres actionnaires, dont Ericsson, Samsung, afin de créer une fondation et de rendre disponible les codes sources de Symbian.
Cette nouvelle peut surprendre de la part du géant de la téléphonie portable mais il semble que le Finlandais n’avait pas le choix.
Entre le système d’exploitation novateur de l’iPhone, les équipes de Microsoft qui cherchent à combler leur retard et Google Androïd, Symbian paraissait bien fragile. Hors c’est le contrôle de ce système d’exploitation qui donne à Nokia un pouvoir sur cette industrie en lui permettant de différencier ses terminaux face à des concurrents « standardisés » sous Windows Mobile.
La nouvelle tendance amorcée par HTC, et rapidement suivie par Samsung, qui est d’ajouter une couche de navigation à Windows Mobile rendait encore plus fragile la position du numéro 1 mondial des téléphones mobile encore absent du marché des Smartphones motorisés par Microsoft. Ce dernier point devrait d’ailleurs évoluer car Nokia a annoncé des terminaux sous Windows pour 2009.
Symbian ne peut espérer rivaliser avec les capacités des équipes de développement d’Apple, de Microsoft ou de Google et il était donc vital pour Nokia de trouver une solution pour assurer la continuité. Mettre Symbian en Open source est une bonne idée car cela permettra de contrer Apple et Microsoft, « accusé » d’avoir des systèmes propriétaires. L’initiative de Google avec Androïd, annoncé comme gratuit, ne laissait de toute manière pas d’autre alternative à Nokia.
Maintenant que le décor est planté il va falloir jouer la pièce et là ce n’est pas gagné car passer d’un modèle traditionnel à un model ouvert risque de prendre du temps que le finlandais n’a pas vraiment.
Heureusement pour lui, Google annonce du retard dans Androïd qui ne devrait apparaitre en production que fin 2009. Ce répits suffira-t-il à Nokia, pas sûr.
C’est donc une partie de l’avenir de la division terminaux de Nokia qui se joue ici. Rappelons la funeste issue de celle de Motorola qui n’ayant pas anticiper les évolutions se voit en grande difficulté.
Si d’ici 18 mois Symbian n’est pas capable d’afficher des fonctionnalités compétitives par rapport à celles de MS Mobile et Androïd, les fabricants de téléphones portables délaisseront totalement cet OS. Nokia lui-même sera obligé de passer sous les fourches caudines de Microsoft ou Google sous peine de voir ses téléphones perdre leurs atouts concurrentiels.
C’est donc une annonce majeure que celle que vient de rendre Nokia qui signe malgré tout une sorte d’aveux d’impuissance à concurrencer les géants du logiciel nord américains.
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