
Quoique les exigences de la puissance publique, à l’égard de l’une et de l’autre, soient substantiellement différentes, il n’en demeure pas moins qu’elles évoluent dans un champ concurrentiel quasiment identique. Cela justifie que l’on puisse facilement les comparer contrairement aux chaînes du secteur public ou Canal+.
La modification du périmètre de la publicité autorisée à la télévision (désormais étendu à la grande distribution), la montée en puissance du numérique terrestre et de la distribution via internet sont autant d’enjeux qui peuvent jouer sur les perspectives financières.
Quelles sont les évolutions du premier trimestre 2007 ?
Du côté de chez Poivre
TF1 réalise un chiffre d’affaires de 702.3 millions d’euros (en hausse de 7.3%). Les recettes publicitaires de TF1 jouent les premiers rôles avec 457 millions d’euros (en hausse de 6.1%).
L’audience sur les segments « stratégiques » se porte plutôt bien au dire de la chaîne. En hausse de 1% pour les 15-49 ans à 33.8% et en augmentation de 1.8% auprès de la fameuse ménagère de moins de cinquante ans à 36%.
Sur l’année 2006, sa part de marché avoisine globale s’était fixée à 30,9% (si l’on en croît le document préparé par la société en vu de l’ « investor’s Road Show Germany – Austria » ).
TF1 peine néanmoins à surperformer le marché publicitaire télévisuel. Autrement dit, encore aujourd’hui et, malgré les diversifications, l’évolution du marché publicitaire reste son principal déterminant.
Cette caractéristique est encore plus prononcée depuis le semi retrait de la télévision payante où TF1 ne conserve qu’un strapontin (9.9% de CanalPlus-TPS).
La hausse des revenus semble être sur la pente de l’année 2006, aux alentours de 7%, toutefois il faut se montrer prudent, les trimestres à venir devraient permettre de mesurer les limites de l’effet « Carrefour ».
M6, à fond la forme
Tels qu’ils ont été communiqués, les résultats de M6 semblent plus convaincants : 165.9 millions d’euros de revenus publicitaires en hausse de 8,7% alors que les autre revenus montent eux encore plus vivement à 172.7 millions d’euros en progression de 10.6%.
Les revenus publicitaires pèsent moins pour M6 que ceux tirés de la diversification.
Si l’on considère l’appétit des acteurs de l’internet pour les revenus publicitaires, une telle organisation des revenus est certainement un gage pour l’avenir.
A noter, sur ce terrain, que l’une des progressions les plus fortes est due à M6web (22.5%). Toujours sur le registre de l’activité internet, la distribution de films en ligne a également été mise en œuvre ces derniers mois.
Des valorisations financières à l’avantage de M6
Le marché n’a pas manqué de remarquer le positionnement favorable de M6 et valorise donc la société 22 fois ses résultats annuels contre seulement 12 fois pour TF1. Autrement dit, si l’on s’en tient aux prix de marché, on attendrait logiquement une progression modéré de TF1 et un dynamisme particulier de la part de M6, c’est sur ce terrain qu’il faut être réservé. La diversification et internet pourraient fort bien ne pas suffire à combler de telles attentes.
Sortie de Bouygues ?
En ce qui concerne la cession éventuelle de la part de Bouygues au capital de TF1, il faut signaler deux hypothèques de poids. On imagine mal Bouygues vendre la société sur une base inférieure à celle du titre, rien ne le presse à agir de la sorte, étant donnée la position centrale de TF1 il serait en mesure de demander un ratio plus fort que celui affiché par le titre. Deuxième hypothèque : il faudra que l’éventuel acquéreur soit aussi Sarko-Compatible que l’est M Martin Bouygues et c’est une condition qui n’est pas si facile à remplir.
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