
Si le départ « surprise » du numéro deux de la chaîne peut sembler laisser un vide sur la stratégie, mais maintenir un binôme en désaccord sur la plupart des sujets aurait été encore plus dramatique.
Ce, d’autant que la situation de TF1 va beaucoup mieux depuis la rentrée qu’avant la trêve estival.
Il ne faut pas croire pour autant que le groupe pourra se passer d’une réelle stratégie multi supports prenant en compte l’évolution de la consommation des contenus. Le groupe est dans l’œil du cyclone pour une paire d’années ce qui devrait lui permettre de se mettre en ordre de marche pour les années suivante.
Car le véritable enjeu pour TF1, comme pour les autres chaînes de flux, c’est la délinéarisation des contenus. Ce début d’habitude pris par certains consommateurs de ne plus accepter le dictat du rendez vous de 20h30 pour regarder leur film ou leur série préférée.
Un comble pour TF1, pape du rendez vous dans les foyers.
Ces habitudes de consommation sont encore marginales et donc, il y a encore du temps et des ressources pour adapter le groupe à ces mutations.
Le départ d’Axel Duroux n’est donc pas nécessairement une mauvaise chose pour TF1 car si, mutation il doit y avoir, celle-ci doit venir de l’intérieure et être acceptée et comprise par l’ensemble des équipes.
Un parachutage brutal et une vision trop déstructurante, même si elle est réaliste, pourrait avoir l’effet contraire de l’objectif souhaité.
Pour ma part je pense que le groupe doit commencer à « sensibiliser » progressivement ses cadres aux enjeux qui les attendent et à les inciter à trouver eux même les réponses. C’est la seule manière pour qu’ils acceptent de mettre en œuvre les nécessaires restructurations organisationnelles auxquelles aura à faire face TF1.
De toute façon il n’y a pas de recette miracle et générique pour tous les acteurs face aux enjeux de la convergence média télécom internet et les seuls capables de bien analyser leur valeur ajoutée reste les intéressés eux mêmes. Un plan d‘évolution qui n’intègrerait pas les réflexions de l’interne ne pourrait aboutir efficacement.
Nous verrons donc dans les mois à venir si la chaîne prépare son avenir ou se contente de gérer ses actifs en pensant que le pire est derrière.
Cela me rappellerait une situation dans la presse quotidienne en 2000 où après deux années de crainte de voir internet ravir les petites annonces, les journaux avaient conclus après l’explosion de la bulle, qu’internet était un épiphénomène et ils s’étaient rendormis tranquillement jusqu’au réveil douloureux des années 2005-2006.
Souhaitons que TF1 soit plus clairvoyant.
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