
Premier trimestre 2007:Un bon cru
SFR (56 % d’intérêts économiques)
La plus grosse des filiales du groupe, et sa première source de liquidité, n’est pas au mieux. Le chiffre d’affaire est en baisse de 1.8% et le résultat ajusté répercute la baisse en la grossissant (-3.5%) à 643 millions d’euros. Il n’y a là rien d’inattendu, les progrès de BouyguesTelecom et la stagnation de FranceTelecom laissaient imaginer que SFR pouvait être dans une position délicate.
Pour autant, on soulignera que la politique de Vivendi est claire et portera ses fruits à moyen terme. La création d’offre Home-Zone permettra à l’opérateur de reprendre le dessus en capitalisant sur des offres intégrées, l’accroissement du portefeuille de client ADSL et bientôt Fibreoptique permet d’envisager de lui donner la base d’abonnés la plus large possible.
Il n’y a donc pas de raison de s’alarmer, même si les nouvelles offres peuvent, dans un premier temps, cannibaliser les offres classiques.
UniversalMusic (100% d’intérêts économiques)
La major du disque n’en finit pas de reculer et son exposition au dollar n’arrange pas les choses. Son chiffre d’affaires recule à 1027 millions d’euros, en baisse de 8.7%, à données constantes. La musique « numérique » progresse fortement et représente 16% du chiffre d’affaire global.
On peut d’ailleurs se demander si cette progression n’est pas plutôt la marque d’une substitution d’un revenu par un autre, moins élevé.
Pour relativiser ces résultats, on se contentera de signaler que nul, dans ce métier, ne semble avoir trouvé la formule magique pour résister. Il est possible qu’il n’y en ait pas !
Et c’est précisément la réserve qui nous amène à relativiser l’achat de BMG qui répond à une logique de concentration qui est peut être devenue sans objet.
Dans le cas ou Vivendi poursuivrait la mise en œuvre de plate forme de distribution gratuite financée par la publicité, la détention d’un catalogue encore plus vaste ne peut être qu’un atout.
Canal+-TPS (65% d’intérêts économiques)
La progression de cette filiale doit être un grand motif de satisfaction pour le groupe, voilà presque 5 ans que Canal+ était un objet de soucis, le temps des pertes est semble-t-il passé. Le chiffre d’affaires de l’ensemble se porte au-dessus du milliard d’euros (1067 millions d’euros) et le résultat opérationnel ajusté explose à 169 millions d’euros, ce qui laisse imaginer presque 700 millions d’euros pour l’année. Autrement dit Canal+ est en passe de devenir une des vaches à lait du groupe.
Ces résultats jettent une lumière très crue sur ceux de Lagardère, en berne (Lagardère en berne) malgré l’apport probablement sensible de Canal+ aux comptes.
Maroc Télécom (51% d’intérêts économiques)
Le groupe poursuit sa très forte croissance (10.6%) et le chiffre d’affaires atteint 550 millions d’euros. Rien à dire de ce côté, Maroc Telecom demeure une des valeurs les plus sures du portefeuille de Vivendi.

Vivendi Games (100% d’intérêts économiques)
Le chiffre d’affaires explose littéralement malgré son exposition aux effets de changes et grimpe à 291 millions d’euros, la société dégage un résultat opérationnel ajusté de 107 millions d’euros.
Ces données sont d’autant plus prometteuses que Vivendi poursuit activement ses investissements pour fournir en jeux les plates-formes les plus diverses. La progression de la pénétration de l’Adsl dans le monde est aussi l’un des meilleurs garants de la croissance solide de ce secteur.
Universal (20% d’intérêts économiques)
La filiale de GE reste l’un des actif les plus importants de Vivendi, ses résultats sont contrastés, à côté d’une baisse du chiffre d’affaires de l’ordre de 8% ramenant celui-ci à 3484 millions de dollars, le résultat opérationnel monte lui de 6% à 691 millions de dollars, la part relative de Vivendi est donc de 138.2 millions. La baisse potentielle du dollar fait douter de la pertinence de conserver cette participation minoritaire encore longtemps, d’autant qu’elle est aussi prise dans la tourmente qui agite l’industrie des médias dans son ensemble.
PTC (25% d’intérêts économique)
Vivendi, en conflit avec Deutsch Télécom, n’a toujours pas cédé sa part et poursuit la guérilla juridique pour le contrôle de la société. Le chiffre d’affaires trimestriel de cette société se monte à 446 millions d’euros et l’ EBITDA est de 147 millions d’euros ce qui laisse imaginer un résultat net de 50 millions d’euros. Si jamais Vivendi devait céder ses titres, on imagine assez mal une valorisation inférieure à un milliard d’euros.
Résultat Global et perspectives
En définitive, le chiffre d’affaires monte au-dessus des cinq milliards d’euros (+5%) et l’Ebitda grimpe lui à 1558 milliards d’euros en hausse de 14%. Le résultat net ajusté se monte à 771 millions d’euros et la dette baisse à 4820 millions d’euros, loin en dessous d’une année d’Ebitda.
La structure de Vivendi permet d’imaginer une multitude d’opérations et de manœuvres. Le récent démenti de Vivendi concernant l’acquisition du solde de SFR auprès de Vodafone en est un exemple parmi d’autres.
Reste le problème de fond qui constitue l’interrogation majeure et récurrente concernant cette société : s’agit-il d’une holding pure et simple ou bien le management trouve t’il vraiment des synergies à gouverner un ensemble de sociétés aussi diverses ? Cette question risque de pas être tranchée rapidement car les niveaux d’investissements et de désinvestissements en cause pour changer le profil de la société sont très importants et supposent que des opportunités se présentent.
A cet égard, la fusion de Canal+ et de TPS était une opportunité providentielle à plus d’un titre. On peut, par contre, se demander quelle est la signification exacte de l’achat de BMG jouer le leadership sera-t-il rentable sur un marché en pleine décomposition ?
Un recentrage sur les télécoms et la télévision payante en France apparaît comme l’une des options les plus évidentes même si Canal+ dépendra de toute façon de plus en plus de la bonne volonté de France Télécom et de Iliad pour sa distribution en milieu urbain. A tout prendre, la cession des 20% de NBC Universal et l’acquisition de la part Vodafone au sein de SFR apparaît assez plausible. Vivendi conserverait de toute façon les marges financières nécessaires pour pousser plus avant l’intégration de NeufCegetel et constituer ainsi un groupe intégré de télécom au niveau français, capable de rivaliser avec FT.
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