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Vivendi va-t-il sortir du secteur des médias

mardi 1er décembre 2009, par Christian Jegourel
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Le conglomérat des médias et des télécommunication semble avoir trouvé un accord avec General Electric pour la cession de ses 20% dans NBC Universal issus pour une somme proche de 6 milliards d’euros.

Si la somme est conséquente et va apporter du cash à Vivendi, le groupe n’en a pas un besoin immédiat malgré le rachat de l’opérateur brésilien CVT.

C’est d’ailleurs cette récente acquisition suivi de la cession de sa part dans NBCU qui pourrait laisser penser à un recentrage dans les télécommunications et les services.

Car si l’on regarde les valeurs médias depuis 5 ans, c’est la descente aux enfers et les perspectives ne sont pas bonnes surtout pour les chaine de flux comme Canal+.

Néanmoins les marchés n’ont pas encore, totalement, intégrés les évolutions long terme de ces actifs médias qui doivent faire face à la concurrence d’internet qui entrainera une consommation massivement délinéarisée. Un tel phénomène, imaginé comme une fiction, il y a 3 ans dans cette nouvelle, devient aujourd’hui plus réaliste avec le développement de la catchup TV et des terminaux connectés.

Et nous n’en sommes qu’aux prémices. Les télévisions connectées et autres services plus complets des opérateurs de services vont entrainer mécaniquement des nouvelles formes de consommation audiovisuelles au détriments des chaines de flux.

J’ai déjà eu souvent l’occasion de le détailler mais quel intérêt à regarder une chaine, gratuite ou payante, si la plupart des contenus sont disponibles sans contrainte d’horaire ou de terminal. Sans parler de l’obsolescence de la chronologie des médias.

Bref dans un paysage audiovisuel recomposé par la délinéarisation, la valorisation d’actifs assis sur une chaine payante et un bouquet de chaines doit être nécessairement revue à la baisse. Il y a donc plusieurs options à tirer de cette probable évolution.

La première c’est de conserver le tout tant que le cash généré est satisfaisant. C’est ce qu’ont fait les dirigeants de Bouygues avec Bouygues Télécom mais la valorisation potentielle de cette entreprise, non cotée, à été divisée par 3 en 3 ans. Idem pour le groupe PPR qui aurait pu espérer tirer un bon prix de la FNAC il y a 5 ans alors qu’aujourd’hui ce distributeur est concurrencé par la crise de biens culturels comme les CD et la distribution en ligne de l’électronique grand public.

La seconde option est de vendre tant tant que les actifs ont encore de la valeur et réinvestir dans des secteurs à plus forte croissance.

Les télécommunication semblent bien placés pour être un de ces secteurs même si il convient d’être prudent car les économies d’échelle ne sont pas si évidentes et que la consolidation du fixe et du mobile rend un peu plus complexe les perspectives à moyen terme.

Que va faire donc Vivendi avec ses actifs ?

Il ne s’agit ici que de pures spéculations mais il serait assez tentant de céder aux sirènes de la simplicité. En effet le groupe subit une décote de conglomérat et les synergies entre les contenus et les contenants, à la "Jean Marie Messier", ne sont pas le Graal espéré. Je dirai même qu’il s’agit d’une fausse bonne idée.

Quoi donc de plus naturel, du point de vu financier, que d’essayer de séparer ces actifs afin de mieux les valoriser. Le risque d’une telle opération, ce serait une mise en évidence brutale de la disparité des actifs médias qui n’ont pas ou peu de synergies entres eux. L’absence de stratégie dans cette branche serait alors criante. Il serait plus logique de vendre "par appartements" afin d’écrémer le groupe de ces actifs.

Le nouveau Vivendi pourrait alors apparaître au grand jour avec une division Telecom et de beaux actifx comme Vivendi Game séparés et cotés individuellement.

Il s’agit évidemment d’un scénario fictif mais qui aurait un intérêt dans la simplification de la stratégie d’un groupe écartelé entre les besoins de remplir ses tuyaux et des actifs qui vivent de la manne des droits d’auteurs (la musique) dont on sait que le modèle périclite et c’est un doux euphémisme.

Et si Vivendi se trompait ?

Tout cela c’est bien si l’on projette que les opérateurs de télécom sont les champions locaux de la recomposition des paysages "contenus contenants services".

C’est une hypothèse mais qui peut aussi se révéler fausse. Car si aujourd’hui on imagine assez bien un paysage avec des acteurs verticaux mondiaux, dans le services, symbolisés par Google ou Facebook et des acteurs dominants verticaux (par pays) qui sont les opérateurs intégrés, il y a plusieurs futurs possibles ....

La domination de grands acteurs internationaux a peu de chance d’être remis en cause et ils se feront une concurrence entres eux. A l’inverse la stabilité immuable des acteurs des télécommunication n’est pas du tout certaine.

Imaginons que les législations évolues et que les opérateurs soient obligés, à l’instar des acteurs ferroviaires, de scinder leurs activités d’infrastructures avec celles de services ....

Le paysage devient tout à coup beaucoup moins plaisant pour Vivendi ou France Telecom ...

Tout "distributeurs" pourraient offrir de l’abonnement fixe mobile avec du services et des contenus propre. Je ne crois pas trop à cette intégration verticale mais un abonnement "Google Telecom" avec des services dedans ...

La valorisation des actifs télécom serait considérablement affaibli et toute les stratégies des opérateurs pour se consolider seraient remise en question.

Et quid des actifs médias, aujourd’hui laminés. News Corp ou TF1, entres autres ont vu leurs capitalisations divisé par 2 et 4 depuis 5 ans.

Les grands groupes de médias multisupports, je sais c’est mon crédo, pourraient redevenir attractifs en proposant des "packages" intégrants abonnement télécom en mode "Virtual operator".

Rien n’est donc joué et il serait dommage que Vivendi se retire des médias même si, en effet, la valeur d’un Canal+ sera probablement très écorné dans quelques années.

Le groupe pourrait participer à une consolidation multisupports (à condition que la loi sur l’anti-concentration des médias soit abrogée). Car en face si l’on veut que les français aient des groupes de communication puissants ils faut les laisser s’adapter à la concurrence mondiale sinon dans 10 ans nos informations viendront de Berltersmann (Presse, Radio, TV, production) et Berlusconi (idem) avec quelques documentaires de la BBC et des séries News Corp, Disney et Viacom...

Mais bon il s’agit d’une fiction .... même si le futur prend racine dans le présent

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mardi 1er décembre 2009, par Christian Jegourel
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