Rechercher
Add to Netvibes Subscribe in NewsGator Online      
logo rss
logo youvox
devenez rédacteurs
A la une
A la une

facebook, ma vie point log a de la valeur mais laquelle ?

mardi 11 août 2009, par Julien Breitfeld
imprimer article 

built by the people...for FACEBOOK par libraryman

Facebook vient de passer 4ème site mondial, en termes de visiteurs uniques, en atteingnat les 340 millions selon Comscore (cf. le beau graphique de TechCrunch). A comparer aux chiffres communiqués par Facebook lui-même, faisant état de 250 millions d’utilisateurs actifs.

Derrière ces très gros jolis chiffres - qui font saliver les marketeux comportementaux, à la mode en ce moment - se cache un des plus intéressants paradoxes du monde du web 2.0, et partant, de "l’économie numérique".

C’est en effet le gens - la personne derrière le compte facebook, vous, moi - qui crée la valeur. Non par son travail, mais par l’utilisation de l’outil. Et si l’on ne peut parler de travail sur Facebook, on arrive quand même à chiffrer à 1,5% de perte de productivité pour les entreprises américaines (chiffre choc abondemment médiatisé issu d’une étude d’un cabinet US dont on se demandera la finalité). Ca fait des sous, pour du non-travail...

La valeur de l’entreprise Facebook - non cotée - était en juillet estimée à 6,5 milliards de dollars, après l’injection de capital de la société russe Digital Sky Technology. En oubliant opportunément le portefeuille de brevets de la société, ses immobilisations en matériel, ses coûts de développement et de production, réduits à la marge, la valeur de l’entreprise équivaut à sa base de données. Soit 26 dollars le gens. Pour se donner une autre idée de la valeur d’un gens, Friendster, autre SNS connu, était en vente en juillet à quelques 137 millions de $ pour 105 millions de membres. Soit 1,8$ le gens.

Cette idée de valeur de gens - une cible - n’est pas nouveau. Les tarifs publicitaires media sont fonction de la cible, et le support n’a pas le même prix. Le papier, la télé valent cher, la radio moins. Quant au web, nous n’en sommes qu’au début. Le CPM y est très bas, les inventaires sont gigantesques, mais, comme le dit Maurice, sur le digital, nous n’avons encore rien vu. Ledit Maurice vient d’ailleurs de finaliser l’achat de Razorfish auprès de Microsoft... Mais je m’égare...

Facebook, c’est aussi beaucoup plus qu’un outil permettant d’adresser le plus précis des messages à la plus précise des cibles, reléguant le spot d’un anti-cholesterol lambda en milieu d’après-midi entre deux épisodes de Derrick sur France 3 à la réclame de grand papa.

Facebook c’est aussi et surtout la mémoire externalisée de ses membres, enregistrée en temps réel. Un log permanent de connections, de relations, d’événements, de publication de photos. De correspondances. De posts de liens. Et surtout leur datation. Le log inconscient de mes faits et gestes assumés. Une biographie numérique.

FB a 5 ans. Lancé comme le trombinoscope numérique des étudiants américains, il est devenu les pages blanches du web (occidental). Il mixe les base de données existantes centrées autour de la personnalité (qui je suis) et a développé celles de l’action (ce que je fais). Facebook a grandi avec ses utilisateurs, et les pratiques qui s’y développent sont parfois surprenantes : ainsi des pages "In Memoriam" d’étudiants assassinés de Virginia Tech tiennent-elle lieu de pierre tombale virtuelle où les amis du défunt viennent témoigner de leur affliction.

Raisonnons à 5 ans, le temps qu’il a fallu pour que la première bulle explose, autrement dit pour que les entreprises qui ont massivement investi un nouveau canal commercial réalisent que le ROI était très très très aléatoire. Mais où l’investissement massif de cette première bulle, notamment dans les infrastructures, a suscité l’effet boule de neige en terme d’équipement ou de concurrence.

La taille de mon carnet d’adresses (mes amis). L’utilité de connaître des informations parasites pour les atteindre (email, n° de téléphones). La taille de mes albums de vacances. De mes vidéos. Mes échanges personnels avec mes proches.

Dans 5 ans, tout cela ne sera plus rangé dans une vieille malle en bois trainant au grenier, souvenirs d’une mémoire engourdie. Tout cela sera rangé à l’extérieur de ma propriété, sur des disques magnétiques, optiques, des bandes, des ram, des trucs et des machins auxquels je n’aurai aucun accès physique. Et qui ne m’appartiendront pas.

Qui a vécu un incendie et a tout perdu peut s’estimer anéanti par la perte des objets patiemment accumulés, lesquels ont tous eu une histoire, donc suscité un affect. Que dire de celui qui a perdu des centaines de mégaoctets de musique, de photos de vacances, de films, de documents numériques stockés sur un disque dur qui crashe . Au delà d’une propriété, c’est la madeleine de Proust qui disparaît (une mémoire émotionnelle...)

Cette fameuse extension de la mémoire, apparue avec l’invention de l’écriture, et qui a permis le développement de nos civilisations (la tête bien faite vs la tête bien pleine, voir la video de Michel Serres), cette mémoire est désormais confiée à des tiers.

Qui je suis est depuis longtemps une prérogative d’Etat (l’état civil, défini ex ante). L’appropriation de moi en tant que personne définie/recréée par moi est relativement récente. Les pseudonymes chez les artistes sont devenus les avatars chez le gens lambda. Au XXIeme siècle, issu de la génération Y, de la démocratie et du marché, je suis qui je veux être. Je me (et suis) définis ex post. Qui je suis plus ce que je fais plus qui je connais plus quoi j’aime plus quand je le fais, c’est toute la (re)définition de la personnalité. Du concept d’amitié ("friendship is not a commodity" :D). De celui de médiateur. Se recomposer en "stratège de sa propre existence" (voir le programme "Identités actives" de la Fing). Schizophrénique...

Une partie de l’économie numérique, celle qui régit le web 2.0, c’est le travail du consommateur, travail réalisé à titre gracieux, sur des machines apportées par lesdits consommateurs. Pourquoi pas.

Mais ma mémoire externe, mes données personnelles, celles qui font saliver les entreprises, régies pub et Etats du monde entier ? Stockées, analysées, valorisées. Qui doit en détenir les droits de propriété ? De diffusion ? D’édition ?

Les problématiques d’identité numérique sont gigantesques et ont des ramifications insoupçonnées. Qui validera l’identité numérique d’un citoyen connecté ? Toujours l’Etat ? OpenID ? Twitter ? Facebook ? Et, partant, lorsque je voudrai fouiller dans ma mémoire facebook, dans 5 ans, devrais-je payer pour y avoir accès ?

 

 

[Disclaimer : d’où parles-tu camarade ? Je suis actuellement en charge du BI chez viadeo, réseau social business européen]

mardi 11 août 2009, par Julien Breitfeld
imprimer article  Autres articles de Julien Breitfeld | Mots-clés |

Sur le thème : Business

Nuance Communications annonce le rachat de SpinVox pour plus de 100 millions de dollars le 5 janvier 2010:
SpinVox est l’un des principaux fournisseurs de services de conversion voix-texte (voice-to-text) pour les opérateurs de télécommunications. Le coût de cette transaction s’élève à 102,5 millions de (...)

Viadeo satisfait de sa croissance et de ses acquisitions à l’international le 22 décembre 2009:
Le réseau social professionnel créé en France fête son 5ème anniversaire et en profite pour faire le point sur ses dernières acquisition ainsi que sur sa croissance internationale. En 2009, Viadeo a (...)

Franck Perrier en conclusion du Web09 "personne ne discute l’importance d’internet, la question est comment y aller" le 22 décembre 2009:
Le Web09, le plus gros évènement européen dans l’internet vient de se terminer. Quelles tendances ont dominé cette édition selon toi ? Les 2 grandes tendances ont été le le real time web, c’est à dire (...)

Les revenus de Facebook pourraient atteindre 1 milliard de dollars en 2010 le 18 décembre 2009:
Alors que facebook devrait enregistrer des revenus de plus de 500 millions de dollars en 2009, certains analystes estimes que le réseau social pourrait accroitre ses recettes à 1 milliard en 2010. (...)

Google négocie le rachat de Yelp pour 500 millions le 18 décembre 2009:
Techcrunch dévoile que Google est en négociation avancée avec Yelp pour racheter celui environ 500 millions de dollars. Yelp avait levé 31 millions de dollars au total sur une valorisation de 200 (...)

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 |...

Réagir à cet article

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Add to Netvibes Subscribe in NewsGator Online
   

http://www.tech.youvox.fr est motorisé par spip 2.0.5 [13790] associé à des squelettes spip Rizom | Design by « La Benne »